Poker menteur

Marrant, ce qui se passe concernant le PS.

Ainsi donc, ce sont ceux qui dénoncent la fraude qui en font le plus ? Il fallait y penser !

Et si tout avait été calculé ? Ségolène a tout joué sur l’existence de fraudes (mais qu’on ne me fasse pas croire qu’il n’y a pas eu d’initiatives locales de son côté pour rééquilibrer la balance) pour avoir un troisième tour, en attaquant le PS sur le fait que c’était un parti gangréné par des fraudes, et qui n’arrivait pas à faire l’apprentissage de la démocratie, alors même que Ségolène Royal aurait dû se déclarer perdante.

Créer le problème, brocarder le problème, proposer une solution à laquelle vous ne vous soumettez pas, en attendant un avantage. Schyzophrène ? Ségolène !

Le meilleur d’entre nous

Un billet à la mode Embruns. A l’heure où Bachar el-Assad participe aux festivités du 14 juillet, l’Université Bordeaux IV n’est pas en reste avec les grands philanthropes.

[...] La pensée de S.A.R. le Prince Moulay Rachid, conforté par quatre autres années de recherches assidues, confronté aussi à des problématiques diverses, est entré dans une quête intellectuelle pour soutenir ensuite à l’Université Montesquieu Bordeaux IV, le 18 mai 2001 devant un large public, une thèse de doctorat en droit sur l’Organisation de la Conférence Islamique. Après un brillant exposé, à l’unanimité le Jury lui a décerné la mention «Très honorable et les félicitations».

[Le Matin, "Le Maroc célèbre le 38e anniversaire de S.A.R. le Prince Moulay Rachid"]

Pour avoir crée un faux profil du prince Moulay Rachid frère du roi Mohammed VI sur Facebook, Fouad Mourtada, un ingénieur informaticien de 26 ans, fut kidnappé par la police pendant trois jours. Pendant le jugement, le juge refusa d’accepter une expertise médicale pour confirmer les actes de torture. Fouad Mourtada fut condamné de manière expéditive à trois ans de prison ferme et 10 000 DH (près de 1000 €) d’amende. Cette condamnation entraîna un large mouvement de protestation et de soutien dans la blogosphère marocaine ainsi que dans le reste du monde. Il est libéré le 18 mars 2008 par une grâce royale.

[Wikipédia, "Moulay Rachid"]

C’est thèse est une vieille histoire (2001), mais je l’apprends un peu par hasard.

Et je ne suis pas très fier de mon université, qui aurait eu toute latitude pour conseiller plutôt à cet illustre étudiant, Dieu le bénisse, d’aller soutenir sa thèse dans une bien meilleure université pour faire rayonner tous ses talents. Elle a préféré endosser la responsabilité d’avoir un étudiant si « exceptionnel« .

Le clou :

L’ancien Premier ministre français et maire de Bordeaux, Alain Juppé, a exprimé son bonheur suite au succès retentissant que S.A.R. le Prince Moulay Rachid a remporté lors de la soutenance de sa thèse de doctorat en droit.

[Maroc Hebdo International, Une recherche de référence]

Le prince Moulay Rachid est le fils cadet d’Hassan II, et l’actuel héritier du trône jusqu’à la majorité (16 ans) du fils de Mohammed VI.

Un dandy excentrique peut-il contraindre à un référendum anglais ?

Il y a autre chose que j’ai remarqué dans l’article de Marc Roche, « Au Royaume-Uni, le Traité de Lisbonne attend désormais la signature d’Elisabeth II » publié au Monde du 12 juin, et que je n’avais pas relevé dans mon précédent billet, par manque de temps : ce fou richissime qui trompe son ennui en demandant à la Haute Cour de Justice (l’équivalent du tribunal de grande instance) de contraindre le Parlement d’organiser un référendum :

L’autre obstacle, le recours en justice déposé par Stuart Wheeler, un donateur du parti conservateur exigeant un référendum, a été écarté par la Haute cour de Londres.

Aux yeux de cet homme d’affaires excentrique, ayant fait fortune dans les paris sportifs, Gordon Brown n’a pas respecté l’engagement de son prédécesseur, Tony Blair, d’organiser une consultation sur la Constitution. « Le refus de tenir un référendum n’est pas seulement immoral, mais illégal », a déclaré son avocat.

On va me dire que je m’acharne. Mais là, l’excuse de la bonne foi ou de l’ignorance sur des affaires compliquées, « techniques » ne tient plus : c’est un problème de compréhension. Quand on lit « John Stuart Wheeler won the case« , ça ne veut pas dire qu’il l’a perdu. J’aurais même tendance à dire que c’est le contraire, bien que je sois loin d’être bilingue.

Attention, gros billet. Avec de vrais morceaux d’Anglais dedans. Lire la suite »

Elkabach (L) Sevran

Je ne peux m’empêcher de vous inviter à la lecture du billet de Jules de Diner’s room, dont j’ai toujours été (peu secrètement) jaloux, sur l’affaire du (faux) décès de Pascal Sevran.

En effet, si vous ne le saviez pas, Jean-Pierre Elkabach pour Europe 1 (et Laurent Ruquier pour France 2) avaient annoncé le décès de Pascal Sevran, d’un cancer. Manque de bol, il est en vie : c’était un canular.

On peut être rassuré : la nécrologie est prête.

Ci-dessous, un montage de ce qui s’est passé chez Ruquier :

Particulièrement, lisez ce commentaire qu’y laisse Rubin :

Tous ces blogs où n’importe qui peut raconter n’importe quoi sans se soucier de responsabilité ni même de la morale la plus élémentaire, c’est insupportable. Il faut agir au plus vite contre cette dérive à l’américaine.

Proposition de loi à déposer au bureau de l’Assemblée nationale dans le courant de la semaine prochaine :

« Art. 223-x-1. – Le fait d’annoncer en connaissance de cause le décès d’une personne encore en vie au moment de ladite annonce est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. »

« Art. 223-x-2. – La propagande ou la publicité, quel qu’en soit le mode, concernant les annonces visées à l’article 223-x-1 précédent est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. »

Et bien justement, cela se rapproche d’une véritable infraction, en droit criminel canadien, sous le chef de « méfait public » :

Méfait public

140. (1) Commet un méfait public quiconque, avec l’intention de tromper, amène un agent de la paix à commencer ou à continuer une enquête :

a) soit en faisant une fausse déclaration qui accuse une autre personne d’avoir commis une infraction;

b) soit en accomplissant un acte destiné à rendre une autre personne suspecte d’une infraction qu’elle n’a pas commise, ou pour éloigner de lui les soupçons;

c) soit en rapportant qu’une infraction a été commise quand elle ne l’a pas été;

d) soit en rapportant, annonçant ou faisant annoncer de quelque autre façon qu’il est décédé ou qu’une autre personne est décédée alors que cela est faux.

Peine

(2) Quiconque commet un méfait public est coupable :

a) soit d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans;

b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.

Je suis sûr qu’Elkabach pourra, au vu de l’immense étendue de ses talents, démontrer par A+B qu’il est un agent de la paix.

Quand on court après l’esprit, on attrape la sottise…

… et on ne risque pas de devenir sots, tant Esprit manque d’esprit…

Mais en revanche, « on » les attrape encore.

Un administrateur d’Esprit Etudiant-Montesquieu a été pris en flagrant délit de manipulation sur le forum Lex hic. Sur la première identité, il s’exprimait en tant qu’administrateur et candidat ; dans la seconde, il se présentait comme un étudiant de première année indépendant et apolitique, dans le but évident d’attirer la sympathie… ce qui fut plutôt loupé par ses propos. La méthode, elle, s’avère, c’est le moins qu’on puisse dire, assez mal perçue parmi les contributeurs de Lex hic.

Esprit Etudiant se revendiquait de la transparence.

Les faits sont têtus.

PS : Merci à John-John pour la citation tout à fait à propos.

C’est quand même bien, d’avoir des lumières…

Depuis quelques jours, vous vous êtes rendus compte que je blogue bien plus souvent que d’habitude, sur un sujet qui pourtant aurait toutes les raisons du monde de me faire perdre le plus clair de mon audience. Les élections étudiantes à Bordeaux IV ne passionnent pas (encore) les foules, ni en dehors de Bordeaux IV, ni, même dedans.

Parce que j’ai le sentiment de m’être fait avoir lors des précédentes élections, parce que les interfaces de communication et de dialogue sont (encore trop) rares à Bordeaux IV, parce que les élections étudiantes sont importantes, parce que j’ai plein d’autres choses extrêmement importantes à faire en ce moment, j’ai mis ce blog au service d’une noble cause : l’information des étudiants de Bordeaux IV qui s’y intéressent, nombre qui n’appelle qu’à progresser d’autant plus que l’élection se rapproche.

Néanmoins, quoi qu’il en soit, tout le monde se doute que la participation à ces élections serait plutôt faible. Je reconnais à Esprit Etudiant un rôle essentiel dans cette mobilisation, qui peut se targuer (mais sans doute à ses dépens) d’être l’organisation la plus connue parmi les candidates. OSB IV, l’UNEF, la Confédération étudiante, l’UNI sont soit risiblement absentes, soit n’appellent pour le moment que l’indifférence naïve des étudiants. Dans une élection où la participation est faible, on tente, en principe, de racoler un peu partout, parce que finalement, au vu du nombre de listes et du faible nombre de sièges, ce sont quelques voix seulement qui donneront la victoire, ou pas.

Ayant proposé à chaque organisation candidate (sauf UNI et Cé, ce qui est mal, mais indépendant de ma volonté) de publier une tribune, j’ai reçu aujourd’hui deux réponses.

La première, dans la matinée, de la part d’OSB IV, qui ne publiera pas de tribune, mais souhaite plutôt une véritable interview. Dans la peau d’Elkabbach…

La seconde, de la part d’Esprit Etudiant, qui, elle non plus, ne publiera pas de tribune. Ni quoi que ce soit d’ailleurs.

Par charité chrétienne, je taierai le nom de mon « contact », candidate CEVU collège 1er cycle sciences juridiques. Non contente de décliner mon offre, et me confirmant qu’en matière de blog, elle n’y connait rien, elle a cru bon de rajouter que publier une tribune prendrait du temps, alors que le gros de la campagne se déroulera la semaine prochaine (argument tout à fait recevable), et que tout ceci n’aurait aucune conséquence parce que mon blog, il est peu connu. Lui rétorquant qu’il y a maintenant 150 visiteurs par jour, elle me confirme, en gros, que mon blog, c’est vraiment de la merde et que je devrais aller m’enterrer en Albanie.

A partir de ce moment, je concède avoir réagi peut-être un peu vivement, lui expliquant que la participation à l’élection serait faible, et que les lecteurs de mon blog pouvaient faire la différence. Il suffit de 10 lecteurs, qui en parlent à leurs copains, et ça fait dix votes dans un sens, ou dans un autre. S’il y en a 50, sur presque 2 semaines, ils ont le temps d’en parler aux copains de leurs copains. Pour le moment, ils n’en parlent pas, mais la semaine prochaine, vu ce qui se prépare un peu partout, ce sujet de conversation sera presque imposé, parce que les pauses entre les heures de cours seront consacrées aux prises d’intervention des grands orateurs des organisations, parce qu’il y aura des diffs de tracts agitées aux quatre coins de la fac… Ceux qui ont lu ce blog se réveilleront et parleront, poseront des questions, certaines gênantes. D’autres viendront, parce qu’ils auront toujours le sentiment de s’être fait avoir, et demande une source d’information neutre et de bon goût.

A partir de ce moment, peu importe le résultat, je pense que j’aurai servi à quelque chose. Alea jacta est, comme dirait l’autre ; et malheureusement, tout le monde aura fait un choix libre et éclairé. Dans une fac qui porte le nom de Montesquieu, c’est quand même bien, d’avoir des lumières…