
Je n’ai que très peu parlé sur ce blog de ma petite différence. Oui, bon, bien sûr, comme tout le monde, j’en ai plein. Mais bon, il y en a une dont j’aurai dû vous parler. Parce qu’elle juridique.
Depuis ma deuxième année de droit (une année déjà rude), je suis des cours supplémentaires en droit anglais. C’était alors du droit des contrats : consideration, estoppel, misrepresentation, et tout le bastringue. Cet année, je jouis du droit public anglais : autant j’adore son droit constitutionnel (et le droit constitutionnel anglais existe bien, évidemment, il n’est juste pas codifié), autant j’abhorre son droit administratif.
Pas parce qu’il est anglais, c’est parce qu’il est administratif : j’ai un cerveau retors. C’est aussi pour ça que je suis fan de GroM : même quand il n’y comprend rien sur les délais de recours contre les décisions implicites de rejet, j’en suis encore à me dessiner en bâtons avec des crayons de couleur. Alors, forcément, je suis impressionné. D’ailleurs, je vous invite tous à être fan de GroM, si, d’aventure, vous ne connaissiez pas son blog, ce qui serait un très grand tort.
L’objectif final de cette formation, c’est que l’on peut passer une année à Canterbury, avec un régime violemment dérogatoire. Alors que toute mobilité Erasmus, le principe est que l’année est validée dans l’université dont on part (dans mon cas, donc, j’aurai validé un M1 si je valide mes enseignements à Canterbury), le principe de ce partenariat est que, en plus, j’ai le diplôme de l’université dans laquelle je vais (la Kent Law School). Ce diplôme, en l’occurence, est le LLB, l’équivalent (juridique) de la licence en droit. Sauf qu’avec un LLB, on peut vraiment travailler. Et pas vraiment dans une situation précaire. Et c’est sans compter le système universitaire anglais, qui n’hésite pas à mettre un peu d’argent sur les étudiants. Ce qui est d’autant mieux, puisqu’avec le système Erasmus… je n’ai que mes frais d’inscription à Bordeaux IV à payer, sans commune mesure avec les £3,000 dont doit s’acquitter un étudiant anglais.
Je pensais malheureusement ne pas pouvoir y aller, au vu de l’excellence de mes concurrents. Je disais encore il y a 3 semaines que je partirai à Bristol (excellentissime université anglaise), quitte à faire le diplôme par correspondance, par l’Université de Londres (et profiter, notamment, des cours du King’s College ou de la London School of Economics, autant dire le caviar de l’enseignement européen), et en faisant jouer les tranferts de crédit ECTS. Tout était cadré, et je me mettais même à ringardiser la campagne du Kent, qui ne me dépayserait pas de mon Périgord natal que j’ai surtout envie de fuir.
Et ben non, mi-racle ! Je suis finalement pris à Canterbury. Après avoir cassé un stylo d’une amie, et hurlé « JEEE CONFIIIIRME » (mon choix de Canterbury) dans la réunion de pré-affectation, sous la surprise. Il ne me reste plus qu’à avoir mes examens. Ça motive.
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Photo : Vue de la cathédrale de Canterbury depuis le campus (photo Jim Higham)


