<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>erablog &#187; Comité Balladur</title>
	<atom:link href="http://www.erasoft.fr/tag/comite-balladur/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.erasoft.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Thu, 04 Mar 2010 17:24:43 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Et si on changeait la Constitution ? Youpi ! (I)</title>
		<link>http://www.erasoft.fr/2008/05/19/et-si-on-changeait-la-constitution-youpi-i/</link>
		<comments>http://www.erasoft.fr/2008/05/19/et-si-on-changeait-la-constitution-youpi-i/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 May 2008 07:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>erasoft</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Comité Balladur]]></category>
		<category><![CDATA[Commission Veil]]></category>
		<category><![CDATA[Droit constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[erasoft]]></category>
		<category><![CDATA[L1]]></category>
		<category><![CDATA[Modernisation des institutions de la Ve République]]></category>
		<category><![CDATA[Parlement]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.erasoft.fr/?p=312</guid>
		<description><![CDATA[La France se singularise par une histoire constitutionnelle exceptionnelle, avec pas moins de 15 constitutions successives. Et même, depuis 1958, la Constitution française a fait l&#8217;objet de 18 révisions.
A titre de comparaison, les États-Unis n&#8217;ont eu, depuis leur indépendance, qu&#8217;une seule Constitution. Il n&#8217;y a pas eu de réforme à proprement parler, mais simplement 27 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La France se singularise par une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_constitutionnelle_de_la_France">histoire constitutionnelle</a> exceptionnelle, avec pas moins de 15 constitutions successives. Et même, depuis 1958, la Constitution française a fait l&#8217;objet de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9visions_constitutionnelles_sous_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique">18 révisions</a>.</p>
<p>A titre de comparaison, les États-Unis n&#8217;ont eu, depuis leur indépendance, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_Constitution">qu&#8217;une seule Constitution</a>. Il n&#8217;y a pas eu de réforme à proprement parler, mais simplement 27 amendements. Le dernier adopté, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Twenty-seventh_Amendment_to_the_United_States_Constitution">relatif à la rémunération des parlementaires américains</a>, a mis 202 ans pour entrer en vigueur, de quoi bien mesurer la portée de l&#8217;engagement.</p>
<p>Quelles sont les causes de cette instabilité constitutionnelle dans la Ve République ?</p>
<p><strong>Comitologie constitutionnelle<br />
</strong></p>
<p>On peut dire qu&#8217;il s&#8217;agit de la construction européenne. En disant ça, on a expliqué 5 réformes constitutionnelles. En revanche, on n&#8217;a pas expliqué pourquoi, <em>dans les 10 dernières années, il y a eu plus de réformes constitutionnelles que durant les 40 années précédentes</em>.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, on a déjà dépassé ce stade. La situation atteint même la limite du burlesque.</p>
<p>Sans remonter jusqu&#8217;à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Vedel">commission Vedel</a>, après la <a href="http://www.comite-constitutionnel.fr/accueil/index.php">commission Balladur</a>, le Gouvernement a déposé une <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/reforme_5eme.asp">nouvelle réforme de modernisation des institutions</a>.</p>
<p>Une réforme de la Constitution n&#8217;a jamais modernisé quoi que ce soit. Des monarchies sont extrêmement modernes, alors même que l&#8217;idée de monarchie est chez nous très datée ; la monarchie espagnole en est un bon exemple. J&#8217;ai du mal, également, à voir en quoi, notamment, la possibilité pour le Président de s&#8217;exprimer devant le Parlement modernise quoi que ce soit.</p>
<p>Ne trouvez-vous pas paradoxal qu&#8217;en France, on veuille &laquo;&nbsp;moderniser&nbsp;&raquo; à tout va le corpus juridique (que ce soit le Code de commerce, le Code civil, le Code de procédure pénale, ou la Constitution), quand aux États-Unis, la Constitution n&#8217;a pas changé depuis plus de deux siècles ? Et <em>in fine</em>, qui semble avoir le système juridique le plus &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo;, tant au niveau de la protection des droits fondamentaux que de l&#8217;organisation des pouvoirs publics ?</p>
<p>M&#8217;est avis que la façon dont est conçue la justice constitutionnelle outre-Atlantique, mais également outre-Rhin et de l&#8217;autre côté des Pyrénées n&#8217;est pas étrangère à cette hypothétique notion de &laquo;&nbsp;modernité&nbsp;&raquo; politique.</p>
<p>S&#8217;il faut prendre en compte des motivations subjectives, alors je considère que <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/constitution/c1793.htm">la Constitution de 1793</a> est sans doute plus moderne que tout ce qu&#8217;on fera jamais. Dommage qu&#8217;elle ait laissée place à la Terreur, et dommage qu&#8217;elle soit si socialiste.</p>
<p>Mais, passons, cette fois c&#8217;est la bonne, après cette réécriture, la Constitution sera complètement moderne, <em>clean</em>, propre, et on pourra enfin aborder les vraies questions, qui ont plus tendance à s&#8217;accumuler sur le bureau de l&#8217;actuelle administration.</p>
<p><strong>Je blague.</strong></p>
<p>D&#8217;abord, la consultation de la commission semble n&#8217;avoir pas été si efficace que ça, puisque <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/05/17/l-elysee-envisage-de-constitutionnaliser-l-equilibre-budgetaire-a-moyen-terme_1046274_823448.html#ens_id=991293">l&#8217;Elysée demande maintenant la constitutionnalisation du principe d&#8217;équilibre budgétaire</a>. Un commentateur de cet article, qui n&#8217;est rien de moins que le blogueur <a href="http://somni.over-blog.com/">somni</a>, <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0@2-823448,36-1046274,0.html">en dit</a> (le lien est de moi) :</p>
<blockquote><p>Une révision de la constitution totalement inutile, dans un domaine régi par le droit communautaire et qui a déjà fait l&#8217;objet d&#8217;<a href="http://curia.europa.eu/jurisp/cgi-bin/gettext.pl?where=&amp;lang=fr&amp;num=79959286C19040027&amp;doc=T&amp;ouvert=T&amp;seance=ARRET">un arrêt de la cour de justice des communautés européennes le 13 juillet 2004</a>. Par ailleurs, le Conseil Constitutionnel peut parfaitement sanctionner une méconnaissance de la règle des 3% sur la base de l&#8217;article 88-2 alinéa 1 de la constitution.</p></blockquote>
<p>Et comme le droit communautaire prime sur le droit national, même une norme constitutionnelle, la France peut parfaitement, déjà, se faire condamner si elle affiche un déficit excessif. On pourra trouver <a href="http://www.eurogersinfo.com/actu19.htm">ici</a> un commentaire de ladite décision.</p>
<p><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Tissot-Panafieu_gymnase_Japy_2008_02_27_n5.jpg?uselang=fr"><img class="alignright" style="float: right;" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fa/Tissot-Panafieu_gymnase_Japy_2008_02_27_n5.jpg/200px-Tissot-Panafieu_gymnase_Japy_2008_02_27_n5.jpg" alt="" width="200" height="303" /></a>Mais surtout, <a href="http://www.bfdc.org/article-18643605.html">une autre commission</a>, présidée cette fois-ci par Simone Veil a été chargée de plancher sur le préambule de la Constitution. La question du préambule est loin d&#8217;être anodine, puisque c&#8217;est par là que se fait le renvoi aux textes qui protègent véritablement les droits et libertés fondamentaux dans l&#8217;ordre juridique national, formant un &laquo;&nbsp;bloc de constitutionnalité&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce petit texte au-dessus de la Constitution a acquis une valeur juridique contraignante, par la &laquo;&nbsp;jurisprudence&nbsp;&raquo; constitutionnelle (C. const. 16 juillet 1971, <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1971/7144dc.htm"><em>Liberté d&#8217;association</em></a>). Décision que tout étudiant en droit de première année mange à toutes les sauces et connait -véritablement- par cœur.</p>
<p>Vous aurez relevé qu&#8217;avec Balladur, on ne s&#8217;intéressant qu&#8217;à la question de l&#8217;organisation des pouvoirs publics entre eux ; maintenant, on s&#8217;intéresse, avec Veil, aux droits fondamentaux. Aurait-on oublié que la première garantie des droits fondamentaux, c&#8217;est encore un fonctionnement normal des pouvoirs publics (statut de l&#8217;opposition, contrôle des pouvoirs publics, justice constitutionnelle) ? Scinder ces deux questions n&#8217;est certainement pas une évidence, et ce n&#8217;est pas neutre non plus. Déclarer des droits sans s&#8217;assurer de leur effectivité juridique chez ceux qui devront les respecter (et qui sont les pouvoirs publics eux-mêmes) me paraitrait même un non-sens.</p>
<p>De là à dire que la motivation serait de déclarer des droits sans leur assurer leur efficacité juridique, il y a plus qu&#8217;un pas, mais un véritable <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rubicon">Rubicon</a>.</p>
<p><strong>Gesticulations</strong></p>
<p>Je relève, avec sarcasme, que dans <a href="http://www.bfdc.org/article-18643605.html">la lettre de mission</a>, figurent les justifications de la création de cette &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Comitologie">comitologie</a> constitutionnelle&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;<em>diverses modifications des textes ou des pratiques</em>&laquo;&nbsp;, le fait que se posent &laquo;&nbsp;<em>des questions nouvelles, qui toutes ne relèvent pas de la Charte de l’environnement récemment adoptée</em>&laquo;&nbsp;. On réforme parce qu&#8217;on a mal réformé par le passé, mais nous, on le fera en mieux. Bien sûr.</p>
<p>Réformer, d&#8217;accord, mais pour quoi faire ? La question de la bioéthique relève parfaitement de la Charte de l&#8217;environnement ; garantir l&#8217;égalité homme/femmes <a href="http://rue89.com/2008/05/19/ecole-separer-filles-et-garcons-cest-de-nouveau-possible">ne semble pas la préoccupation de l&#8217;actuel gouvernement</a>. Il vaux mieux passer sur la promotion de la diversité, et de l&#8217;intégration dans la République, qui relève de l&#8217;humour-noir.</p>
<p><a href="http://www.erasoft.fr/wp-content/uploads/2008/05/joe_20080410_0001.pdf"><img class="alignright size-full wp-image-313" title="mission-veil" src="http://www.erasoft.fr/wp-content/uploads/2008/05/mission-veil.png" alt="" width="169" height="238" /></a>D&#8217;autres droits à reconnaitre ? En veux-tu, en voilà.. Toujours cité dans la lettre de mission, la dignité de la personne humaine, le pluralisme, la protection de la vie privée, l&#8217;ancrage européen de la République (avec en toile de fond, la <a href="http://ec.europa.eu/justice_home/unit/charte/index_fr.html">Charte européenne des droits fondamentaux</a>).</p>
<p>Le principe de dignité de la personne humaine est, heureusement, parfaitement reconnu par la jurisprudence constitutionnelle, de même que le pluralisme ou la protection de la vie privée, à laquelle on peut parfaitement rattacher la protection des données personnelles. L&#8217;ancrage européen de la République est quant à lui explicite, à l&#8217;article 88-1 de la Constitution de 1958.</p>
<p>La Commission Veil doit réfléchir à des droits qui sont déjà protégés constitutionnellement. On peut vouloir rattacher ces droits à un texte clair et explicite ; néanmoins, c&#8217;est une réforme qui n&#8217;apportera aucune conséquence juridique, puisque le principe sera le même. Une fuite en avant, à moins, bien sûr, que l&#8217;autorité morale qu&#8217;est Simone Veil ne s&#8217;affranchisse de sa lettre de mission.</p>
<p>[Suite programmée demain]</p>
<p><strong>Crédits : </strong>Photo de Simone Veil de Jastrow@Wikimedia Commons, <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr">CC-BY-3.0</a></p>
<hr /><small>&copy; 2008 http://www.erasoft.fr/<br />Ce fil RSS est pour un usage personnel et non-commercial. L'utilisation de ce fil RSS sur d'autres sites doit être faite en conformité avec le contrat <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" target="_blank">Creative Commons CC-BY-NC-ND-2.0,FR</a>.</small> )</small>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.erasoft.fr/2008/05/19/et-si-on-changeait-la-constitution-youpi-i/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Séisme dans le bloc de constitutionnalité</title>
		<link>http://www.erasoft.fr/2007/09/20/seisme-dans-le-bloc-de-constitutionnalite/</link>
		<comments>http://www.erasoft.fr/2007/09/20/seisme-dans-le-bloc-de-constitutionnalite/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 Sep 2007 21:09:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>erasoft</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comité Balladur]]></category>
		<category><![CDATA[Droit constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Droit public]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.erasoft.fr/?p=147</guid>
		<description><![CDATA[Les auditions du comité de réflexion des institutions ne sont à priori qu&#8217;un exercice de réflexion et de prospective. Néanmoins, il peut s&#8217;y passer des choses très intéressantes et, pour le coup, qui n&#8217;appellent à aucune future réforme. Notamment lors de l&#8217;audition de Jean-Louis Debré, ancien président de l&#8217;Assemblée nationale, mais, surtout, auditionné en sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les auditions du comité de réflexion des institutions ne sont à priori qu&#8217;un exercice de réflexion et de prospective. Néanmoins, il peut s&#8217;y passer des choses très intéressantes et, pour le coup, qui n&#8217;appellent à aucune future réforme. Notamment lors de l&#8217;audition de Jean-Louis Debré, ancien président de l&#8217;Assemblée nationale, mais, surtout, auditionné en sa qualité de président du Conseil constitutionnel. Et à cette occasion, il a son idée sur la question du contrôle de conventionnalité, question épineuse dans notre droit. Mais la proposition de Debré est carrément inédite.</p>
<p>Ce que Debré propose, c&#8217;est que le Conseil constitutionnel ne se contente pas de juger de la conformité de la loi à la Constitution, <em>mais également à certaines normes</em> <em>conventionnelles </em>:</p>
<ul>
<li>Convention européenne des droits de l&#8217;homme</li>
<li>Pacte des droits civils et politiques de l&#8217;ONU</li>
<li>Pacte des droits économiques et sociaux</li>
<li>Charte européenne des droits fondamentaux</li>
</ul>
<p>La liste de ces normes n&#8217;est pas limitative ; néanmoins, les critères exigés par Debré pour que le Conseil constitutionnel vérifie le respect de ces traités, au même titre que le bloc de conventionnalité, sont très restrictifs : il faudrait que ces textes internationaux ne soient pas pas soumis à une clause de réciprocité et à ce qu&#8217;ils soient d&#8217;une très large portée. Il ne s&#8217;agit donc pas d&#8217;un revirement de la jurisprudence <em>IVG</em> de 1975, ni même d&#8217;un tempérament, mais bien d&#8217;une confirmation de celle-ci, par une interprétation <em>a contrario</em>. Cependant, j&#8217;avoue ne plus me rappeler du texte conventionnel qui avait été écarté dans IVG ; ne serait-ce pas, justement, un des textes cités plus haut ? Si c&#8217;était le cas, comme je le pense, la jurisprudence IVG est bien morte, mais de sa belle mort.</p>
<p>Nul besoin d&#8217;une future réforme des institutions pour parvenir à ce premier résultat : si, demain, le Conseil constitutionnel adopte cette position lors d&#8217;un prochain examen de la constitutionnalité d&#8217;une loi, elle fera l&#8217;objet de commentaires doctrinaux nombreux, il faudra réactualiser des manuels, mais, finalement, elle passera.</p>
<p>C&#8217;est une proposition intéressante : après tout, pourquoi pas ? Les 3 premiers textes cités sont souvent opposés à une loi et complètent finalement bien le corpus de textes qui composent le « bloc de constitutionnalité ». Sans doute cela permettra de renforcer considérablement le respect des droits fondamentaux.</p>
<p>Mais, forcément, une proposition aussi énorme pose également beaucoup de questions.</p>
<p>Que faire si, par exemple, une norme de la Convention européenne des droits de l&#8217;homme entre en conflit avec une norme constitutionnelle ? Ces textes se ressemblant beaucoup, il est d&#8217;ailleurs possible que la Convention européenne, le pacte des droits civils et politiques, la Charte européenne (traités internationaux) et la Déclaration des droits de l&#8217;homme et du citoyen (texte constitutionnel) entrent en conflit. Doit-on privilégier la norme constitutionnelle, et n&#8217;accepter la norme conventionnelle que si la Constitution se tait sur une liberté ou un droit fondamentaux ? Doit-on concilier et rapprocher normes constitutionnelles et conventionnelles quand elles sont très proches ? Le mode d&#8217;emploi n&#8217;est pas encore fourni, et n&#8217;est sans doute pas prêt de l&#8217;être : c&#8217;est le problème, avec la jurisprudence&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;organe chargé d&#8217;interpréter la Convention européenne des droits de l&#8217;homme est la Cour européenne des droits de l&#8217;homme : peut-il y avoir une divergence de jurisprudence entre Paris et Strasbourg pour l&#8217;interprétation ou l&#8217;application d&#8217;un même article de la Convention ? le Conseil constitutionnel sera-t-il ainsi tenu de respecter l&#8217;interprétation de la Cour ?  Idem pour la Cour de justice des communautés européennes qui veille au respect de la Charte européenne.</p>
<p>Le seul mécanisme acceptable pour faire régner une unité de jurisprudence serait d&#8217;en référer, par le moyen de questions préjudicielles à ces deux juridictions européennes… ce qui prend beaucoup de temps, et est politiquement dévastateur : qui accepterait, dans l&#8217;ambiance actuelle, qu&#8217;un juge de la CEDH ou de la CJCE censure une loi française avant qu&#8217;elle n&#8217;entre en vigueur, et que, finalement, ces juridictions interviennent indirectement dans la procédure parlementaire française ? Jean Bodin se sent très mal !</p>
<p>Finalement, il faudrait étudier la jurisprudence des juges de la CEDH et de la CJCE, lorsque c&#8217;est possible, et que le juge constitutionnel français soit lié par les décisions des juges européen et communautaire… ce qui est problématique sur le plan de la « hiérarchie des juges » : un juge constitutionnel n&#8217;a pas à être lié par la décision d&#8217;un juge qui lui est juridiquement inférieur (mais cette question est un véritable serpent de mer).</p>
<p>Une dernière interrogation, enfin, s&#8217;agissant de la hiérarchie des normes.</p>
<p>Sous couvert de leur statut un peu particulier, on déguise en fait des conventions internationales en norme constitutionnelles. Il y aurait donc deux types de normes conventionnelles : des normes conventionnelles conventionnelles, que le juge ordinaire peut utiliser pour écarter une loi, et des normes conventionnelles constitutionnelles, c&#8217;est-à-dire un peu moins conventionnelles ( ! ), qui, du même coup, ne peuvent être utilisés que par le Conseil constitutionnel, dans le cadre d&#8217;un contrôle de constitutionnalité de la loi avant sa promulgation.</p>
<p>Le juge ordinaire ne peut donc plus utiliser un outil comme la Convention européenne des droits de l&#8217;homme pour écarter une loi ; autant dire qu&#8217;elle peut être immédiatement écartée du paysage juridique national, alors que paradoxalement, elle est à une place plus importante que la sienne.</p>
<p>Ce qui me dérange finalement dans ce projet, c&#8217;est qu&#8217;on met des choses à une place qui n&#8217;est pas la leur, et cette réorganisation « pour clarifier » risque de mettre tout notre système juridique dans un état second.</p>
<hr /><small>&copy; 2008 http://www.erasoft.fr/<br />Ce fil RSS est pour un usage personnel et non-commercial. L'utilisation de ce fil RSS sur d'autres sites doit être faite en conformité avec le contrat <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" target="_blank">Creative Commons CC-BY-NC-ND-2.0,FR</a>.</small> )</small>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.erasoft.fr/2007/09/20/seisme-dans-le-bloc-de-constitutionnalite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
