Poker menteur

Marrant, ce qui se passe concernant le PS.

Ainsi donc, ce sont ceux qui dénoncent la fraude qui en font le plus ? Il fallait y penser !

Et si tout avait été calculé ? Ségolène a tout joué sur l’existence de fraudes (mais qu’on ne me fasse pas croire qu’il n’y a pas eu d’initiatives locales de son côté pour rééquilibrer la balance) pour avoir un troisième tour, en attaquant le PS sur le fait que c’était un parti gangréné par des fraudes, et qui n’arrivait pas à faire l’apprentissage de la démocratie, alors même que Ségolène Royal aurait dû se déclarer perdante.

Créer le problème, brocarder le problème, proposer une solution à laquelle vous ne vous soumettez pas, en attendant un avantage. Schyzophrène ? Ségolène !

Contre-gouvernement

Le jour même du départ Tony Blair, la gauche française, qui a toujours vue en elle un ennemi, annonce la création d’un shadow cabinet. On est donc entré dans la saison des éclipses.

Eclipse heureuse. Créer un contre-gouvernement permet, d’abord, aux ministres de savoir qui sera leur contradicteur. Dans la réalité, il me semble que les choses étaient déjà acquises, mais pas officialisées. Il est évident que les critères de la compétence ou de l’intérêt jouent dans le travail parlementaire : Didier Migaud prépare la littérature socialiste sur les questions budgétaires ; Gorce sur les questions relatives aux affaires sociales. Néanmoins, leur leadership ratione materiae n’est pas suffisamment mis en valeur, auprès des médias, comme auprès du gouvernement.

Reste à voir comment les choses se mettent en place. Si cette initiative signifie que le contre-ministre supervise le travail parlementaire sur une question donnée, gère un dossier en prenant tous ses aspects, alors ce sera bien. Si c’est pour entendre les éléphants, qui n’ont pas toujours la capacité de maitriser leurs sujets, et lisent des fiches préparées pour eux, ça n’aura servi à rien. L’institution du contre-gouvernement doit permettre de mettre un nom sur une politique : de la manière que l’on a pu dire qu’il y avait un style Sarkozy à l’intérieur, il devrait y avoir un style Valls au contre-ministère de l’Intérieur.

Il me semble également que c’est un bon moyen de vivre la démocratie. Une personne qui défend un dossier unique jusqu’au bout, c’est plus efficace qu’une armée de petits parlementaires qui souhaitent s’occuper de tout ; de la sorte, je pense que les électeurs sont mieux représentés, sans que, pour autant, la démarche d’un contre-ministre soit césariste. Cette personne est également l’interlocuteur privilégié d’un ministre, dans des secteurs qui ont parfois cruellement besoin qu’un certain consensus qui se forme. La compétence aide parfois à dégager ce consensus. C’est également une pratique intéressante pour que les différents acteurs de la gauche, qui ne se résume pas au seul Parti socialiste, ni même aux seuls partis politiques, trouve également un interlocuteur, et, qui sait, peut-être accorder ses violons. Enfin, en matière de politique internationale, ou en matière constitutionnelle (avec le nouveau droit de veto des socialistes, dans un domaine où la majorité des 3/5 de tous les parlementaires, sénateurs compris, empêche la droite d’en faire ce qu’elle souhaiterait), c’est à mon avis la seule manière pour que l’intérêt général, finalement, en ressorte gagnant.

J’ai l’impression que ce contre-gouvernement ressemble beaucoup à un gouvernement Raffarin. Beaucoup de personnes inconnues de l’opinion publique, mais qui, visiblement, présente sans doute des garanties de compétence. Pas d’éléphants, qui seront sans doute occupés à se répartir la savane, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’elle ne leur appartient pas.

Non, franchement, je suis plutôt content. Espérons que cela tourne !

PS : Contrairement à une idée qui commence à se répandre, le contre-gouvernement, même en France, n’est pas quelque chose de nouveau. Dès 1965, sous la FGDS, un certain François M. en avait eu l’idée. On mesure aujourd’hui le succès de cette initiative…

Je tiens ma promesse..

J’ai beau m’être mis dans la tête que oui, cette fois, j’y allais, et que je ne pouvais plus me contenter d’observer ce qui se passe dans ma famille politique de l’extérieur, me qualifier d’adhérent du Parti socialiste me parait encore bizarre.

J’ai adhéré il y a à peine 2 minutes. Il ne m’en a fallu qu’une, à peine, pour adhérer au PS. Après une page pour donner mes coordonnées, une seconde pour payer fièrement ma cotisation de 20 €, puis un ticket de caisse reçu par mail, et une brève information sur la procédure à suivre. En effet, mon adhésion est reçue par le national, pour ensuite être retransmis à la fédération départementale, qui redispatchera mon adhésion à la section. Mais je savais déjà que cela se passait comme ça.

Donc, chères camarades, chers camarades,  je suis tout content d’être maintenant, enfin, parmi vous ! Je n’aurai mis que 21 ans à me décider..

Et pour fêter ça, une nouvelle catégorie « Camarades ! » a vue le jour. Elle pourrait servir…