Lecteur,
J’aime pas dire ça, mais sérieusement, il faut qu’on parle.
Tu sais, j’ai pris beaucoup de recul, et je pense que j’ai vraiment besoin de toi, maintenant.
Mais d’abord, laisse-moi t’expliquer.
Tu sais que j’ai vendu mon âme à la perfide Albion. Je pars de Bordeaux. Peut-être définitivement, on verra si je supporte la météo et la gastronomie (ou son absence). Mais ce sera difficile d’ignorer la France, puisque j’y laisse beaucoup, et notamment, trois ans de droit. Comme elles se sont passées de façon littéralement passionnées, il est certain que j’abandonnerai pas le morceau de sitôt.
Mais, faut me comprendre, je serai un peu en dehors du bain. C’est pour ça que j’ai fait appel à Bzt, bientôt étudiant en deuxième année de droit à Bordeaux IV, qui a vocation à devenir un véritable résident permanent de ce blog. Mais vous lui faites un peu peur (et franchement, je peux comprendre que c’est un petit challenge pour lui), et de toute façon, pour le moment il est très occupé à monter des parpaings, faut bien payer les pâtes.
Je m’égare, ce n’est pas de Bzt qu’il faut qu’on parle. Il est parfaitement libre, et je suis certain qu’une fois qu’il aura pris ses marques, il vous sciera. Vraiment. Non, lecteur, il faut qu’on parle de moi. De ce que moi je vais écrire.
Oui, oui, je te pardonne de me tromper régulièrement avec GroM et/ou Charlotte, et avec la moitié de la blogosphère. Je te pardonne même de penser qu’ils sont bien plus brillants que moi. Et si c’est pas ce que tu penses, c’est que tu ne les lis pas assez. Non, vraiment, ça ne me pose aucun problème. Je passe l’éponge.
Mais, vois-tu, je ne veux pas qu’il y ait des malaises entre nous, j’ai envie que les choses se fassent sur des bases claires. Les relations compliquées, j’ai déjà fait, et ça use.
Enfin, quand je dis « base claire », je veux surtout dire « tendance lourde » : j’écrirai avant tout sur ce que j’ai envie d’écrire, ce qui me procure un certain plaisir à partager, et dont je sais qu’en retour, je peux compter sur vos commentaires… ce qui n’est possible que si vous-mêmes prenez un certain plaisir à me lire.
Le problème vient de ce que plusieurs choses peuvent me procurer ce plaisir et cet intérêt. Mais je ne sais pas ce qui, te procure, à toi, lecteur, ce plaisir à me lire.
Alors, voilà, lecteur, quelques questions que je te pose, qui ne concerne que moi.
Qu’est-ce que vous avez aimé dans ce blog, ces derniers temps ? Qu’est-ce que vous n’avez pas aimé ? L’actualité de Bordeaux IV ? Le vague commentaire juridique de l’actualité ? Les très récents billets de droit anglais ? Mes billets d’opinion ? Et ne fais pas comme si vous aimiez tout, je vous dresserai avec honte une liste rétrospective de billets que j’aurais voulu ne jamais écrire, alors ne sois pas hypocrite. Si ce blog ne me permet pas d’avoir des critiques, particulièrement négatives, alors ça ne sert plus à rien. J’ai toujours vu ce blog comme un moyen de m’améliorer, de me motiver quand j’en avais besoin, d’acquérir une certaine culture que je ne pourrai pas avoir de moi-même (je ne suis pas du tout un juriste du sérail). Ménageons-nous un « espace de non-susceptibilité ».
Mais après s’être tourné vers le passé, qu’est-ce que vous aimeriez que j’écrive demain ? Le droit anglais va naturellement prendre une place de plus en plus importante, mais au vu de [l'absence de] commentaires dans le dernier billet, je me demande si c’est bien opportun. J’ai pensé profiter de ces quelques mois de vacances [durant lesquelles tout le monde va bosser] pour faire des petits « cours » de droit anglais, mais je me demande si ça vaut bien la peine de se lancer dans un tel projet, si, simplement, vous pensez que je pourrai écrire sur d’autres sujets, plus intéressants pour vous, et demandant moins d’investissements pour moi.
Parce que dans le même temps, je peux tout autant faire du « suivi juridique de l’actualité », de l’opinion, ou du n’importe quoi. J’ai même le sentiment, grisant, que je pourrais écrire sur un peu tout, sans rien y connaitre forcément à la base, mais pour le défi, pour le challenge, comme une réminiscence de mon passé wikipédien. Comprenons-nous bien, je ne me mets pas une « ligne éditoriale » en discussion, parce que c’est toujours moi qui écrirai mes billets. Mais on peut avoir des intérêts convergents. En tout cas, ce serait une erreur de ne pas voir.
Donc, pour résumer, ce que je me demande, et ce que je te demande, et je sais que la question est pas facile, c’est simplement pourquoi est-ce qu’on est là, tous les deux, et comment faire pour que cette histoire continue et sois encore meilleure. Et c’est une question très sérieuse : c’est l’occasion de la ramener.


