Carnet perso

Ce carnet contient des billets publics (lisibles par tous) et des billets privés (restreints à une liste blanche d’utilisateurs inscrits, dont vous faites peut-être partie). Je vous invite à vous inscrire pour y accéder, et je vous mettrai (ou pas…) sur cette liste blanche.

Pour vérifier si vous êtes sur la liste blanche, il suffit simplement de savoir si vous avez (ou non) accès à cette page. La procédure n’est pas automatique, il faut prévoir un petit délai dépendant de mes disponibilités.

A contrario

On ne le dira jamais assez :

La plupart des films et des musiques téléchargeables en peer-to-peer sont protégées par des droits d’auteur. En dehors des œuvres et logiciels libres de droits, télécharger constitue une contrefaçon, infraction punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende (article 321-1 du Code pénal). Cela prive les artistes du juste revenu de leur travail et cela nuit à la diversité de la création artistique, les « petits » artistes étant plus pénalisés que les autres.

(Internet-signalement.gouv.fr, « Portail officiel de signalement des contenus illicites de l’Internet », Internet prudent)

C’est moi où c’est une affirmation manifestement aberrante ? Supposons que je sois un artiste sans ressources (la chose la plus dure à supposer est que je sois un « artiste »). Je n’ai pas de moyen. Tout juste de quoi télécharger (illégalement) un logiciel de mixage, et télécharger (illégalement) des fichiers musicaux pour les sampler. Je vais bien créé une oeuvre (pour peu qu’elle soit originale), qui respirera bon la diversité artistique.

De toute façon, ça tombe bien, je ne télécharge jamais les oeuvres des « petits » artistes.

Poker menteur

Marrant, ce qui se passe concernant le PS.

Ainsi donc, ce sont ceux qui dénoncent la fraude qui en font le plus ? Il fallait y penser !

Et si tout avait été calculé ? Ségolène a tout joué sur l’existence de fraudes (mais qu’on ne me fasse pas croire qu’il n’y a pas eu d’initiatives locales de son côté pour rééquilibrer la balance) pour avoir un troisième tour, en attaquant le PS sur le fait que c’était un parti gangréné par des fraudes, et qui n’arrivait pas à faire l’apprentissage de la démocratie, alors même que Ségolène Royal aurait dû se déclarer perdante.

Créer le problème, brocarder le problème, proposer une solution à laquelle vous ne vous soumettez pas, en attendant un avantage. Schyzophrène ? Ségolène !

This is the Commander

It’s the Brixton riots. Streets covered in broken glass, vehicles overturned and set ablaze. The police on the front line have only rudimentary riot gear to protect them from a hail of bricks and bottles, and even a few petrol bombs.

One young officer cracks. He breaks from the line and runs as fast as he can away from the screaming mob, throwing down his shield and baton. Exhausted, he slumps to his knees in a shop doorway, sobbing in fear and shame. « Stand up that officer » booms a voice full of authority. « This is the Commander« .

« Bloody hell » says the young PC. « I didn’t realise I’d run that far« .

Une visite guidée très particulière…

Comme vous le savez, je suis donc guide dans un château. Habituellement, mon lot quotidien est de faire la parlote devant un (bon) public de gens comme vous et moi, roturiers bien prisonniers de notre modeste condition. Mais il arrive, par un soir d’été, que notre marraine la fée nous joue des tours. Bien coquin celui qu’elle vient de me jouer, la garce !

En effet, dans la prochaine semaine, une personnalité américaine officielle va visiter mon château. Oh, en toute simplicité ; cette visite est marquée par un parfum de détente et de décontraction. C’est les vacances, après tout. Ambiance.

D’abord, elle vient bien avant l’heure d’ouverture, afin de ne pas être perturbée par la foule suintante des touristes. Ce qui pose un problème pour l’employé retors que je suis puisqu’il faudra malgré tout être là pour l’accueillir. Je sens l’odeur de l’heure supplémentaire contrainte et forcée, dans l’intérêt du service, et non rémunérée.

Cette personnalité a dû se dire également qu’elle n’avait pas besoin d’une trop grande escorte pour venir faire cette visite, et qu’elle était en bonne sécurité avec son guide (erreur fatale !). Seulement quelques gorilles l’escorteront durant la visite (costard, lunettes noires, pectoraux en plastique, oreillettes, arme pointée en permanence sur le guide au cas où il déconnerait). Sérénité et détente à l’ordre du jour.

Deux 4X4 blindés noirs aux vitres teintés devraient suffire pour encadrer la Cadillac lors de cette excursion discrète et incognito, ce qui suffira néanmoins pour bloquer la rue principale de la petite ville  (communiste…) où se situe le château.

Mais pour nous, employés de fort modeste extraction, ce voyage décidé au millimètre nous parait bien flou. Ce sont des considérations très pragmatiques qui anime la vie du château en ce moment. Il paie son entrée, ou pas ? Le château peut-il être ouvert aux visiteurs pendant ce temps ? Visite libre ou guidée ? Et s’il fait la visite guidée, qui l’accompagne ? Bizarrement, personne ne se bouscule, alors qu’il est certain que le pourboire devrait être plus important que la moyenne. Je vous laisse prendre les paris sur la somme finalement versée…

NB : Ça vaut bien la création d’un tag spécial, « Grosse blague impérialiste« .

Pour le guide, merci !

Aucun enseignant n’a été blessé durant la rédaction de ce billet.

Être guide touristique, ce n’est pas une sinécure. On attend le touriste sur un transat’, quand il vient, on fait son intéressant, et ensuite, on attend que la corbeille se remplisse, comme par enchantement.

C’est de cette magique corbeille que je voudrais parler aujourd’hui, mais, pitié, je ne m’intéresse absolument pas au volet fiscal de la chose.

Les pourboires sont plutôt associés aux hôtels et à la restauration, où, déjà, ils peuvent être un complément de salaire intéressant (mais je crois que c’est plutôt dans l’imaginaire collectif que dans la réalité). J’ai également donné des pourboires dans des spectacles de rue, quand ça en vaut le coup. Mais je dois dire qu’en règle générale, je n’ai pas donné beaucoup (je suis étudiant, c’est marqué sur mon front), et je n’ai pas vu beaucoup donner (cela tient sans doute à mes parents enseignants… tous pareils, ces *^ù$*m).

Le roi du pétrole

Mais franchement, à côté de ce qu’un guide peut gagner en pourboires, serveur, c’est de l’esclavage. A la fin d’une visite guidée, il y a toujours une panière à la sortie.. Incontournable, inévitable. Il n’y a que les enseignants qui passent assez bien à travers la barrière de la panière sans sentir le regard désapprobateur des autres touristes.

Quand j’ai fait ma première visite, je me disais que je pouvais avoir quelques euros par visite, par de généreux touristes. La panière était pleine. Et pas des pièces de 1 centime, des pièces étrangères (hors zone euro), ou de la fausse monnaie (on m’a fait le coup), mais assez souvent des billets. Parfois importants, d’ailleurs.

Vous voulez un chiffre ? Allez, je vais m’aventurer à en donner un. Si les pourboires peuvent aller de 1 € à 49 €, en moyenne, c’est autour de 10 € par visite, ce qui se rajoute au salaire (légèrement supérieur au SMIC). Pourboires compris, on peut ainsi atteindre les 2 000 € par mois. Exceptionnel pour un job d’été.

Évidemment, c’est complètement aléatoire, mais ça ne dépend ni du nombre de visiteurs, ni même de la qualité de ma visite. La corbeille peut être plus remplie dans des visites où je bafouille et où mes idées ne sont pas claires, qu’à d’autres occasions où je me considérai « parfait » et où j’étais content d’avoir fait passer mon message. Mais à ce moment-là, quand on est content de soi, on n’a plus besoin de pourboires. De même, des visites presque privées, avec quelques visiteurs seulement, m’ont rapporté plus que des visites avec un groupe de 30 personnes.

Mais pourquoi est-il si méchant ?

Vous aurez remarqué une tendresse particulière en ce qui concerne les enseignants. Soyez assurés qu’elle n’est pas feinte : il s’agit véritablement d’une clientèle atypique.

D’abord, ils ont la politesse de se présenter à vous en demandant une réduction, eu égard à leur qualité (et tristement, votre serviteur n’en fait pas, ce qui est vraiment idiot pour le coup). Ils sont naturellement réticents à prendre la visite guidée (« Pensez-vous que j’ai besoin de leçons d’histoire ?« ) jusqu’à ce qu’on leur dise qu’elle est comprise dans le prix (« Et puis, une visite guidée, on apprend toujours des choses, n’est-ce pas, jeune homme !« ). Il vaudra d’ailleurs mieux que vous évitiez de lui dire que c’est vous, le guide…

Ensuite, durant la visite guidée, ils se rappellent à votre bon souvenir, en jetant toujours un regard désapprobateur lorsque vous vous écartez d’une visite académique, et font même une grimace lorsque vous racontez une chose qui sort carrément de l’ordinaire, sur un air de « Je le savais, c’est tellement évident« .

Enfin, comme une règle héritée du statut général de la fonction publique d’Etat, au moment de passer à la panière, ils se fendent d’un « au revoir » dont VGE avait le secret.

Et comme, bien sûr, le pire quand on est enseignant, c’est pas les parents, c’est pas les gosses, c’est les collègues, ce commentaire est formellement attesté par Mme Mère.

Interrogation existentielle

Reste une interrogation existentielle du visiteur, qui voudrait donner un pourboire, mais ne sait pas comment le faire. Ne riez pas, le problème est très sérieux, et souvent, les touristes hésitent quant au comportement à tenir. Et dans l’hésitation, s’en tiennent à ne rien faire. C’est la seule explication.

Voici les données du problème : rajouter une pièce dans une corbeille est complètement anonyme, et vous tenez bien sûr à ce que le guide sache que c’est vous qui avez bien donné ce gros billet bleu, pour qu’il ne vous regarde pas de travers quand vous partez. Mais, oseriez-vous aller jusqu’à glisser votre monnaie dans la main du guide ? Ça fait quand même très mafieux, d’autant plus que le guide s’interdira de regarder la pièce, ou de faire la moindre remarque, et que vous n’avez rien de plus à lui dire que « Wow, votre visite était géniale, je dégouline d’envie de vous inviter au restau ! » (authentique…).

Et bien, ami touriste, sache que l’important, c’est surtout que le pourboire arrive à destination. Je suis habitué aux deux modes de délivrance, et les guides ne feront pas de zèle tant qu’il y a une pièce. Et même si on ne m’a pas (encore ?) proposé des pourboires par carte bleue, je suis sûr qu’on trouverait un moyen de s’arranger.

NB : Bien que titulaire d’une carte de troll, je tiens néanmoins à dire que ma petite vacherie anecdotique contre le corps enseignant n’a rien d’une charge contre les fonctionnaires, et que comme toujours, il ne faut pas faire de généralités… La preuve : les jeunes enseignants et les retraités sont parfaitement divins ! :D

Eloge funèbre d’un pigeon mort

Oui, parce que faire un éloge funèbre d’un pigeon vivant, c’est plus difficile.

Depuis début juillet, et jusqu’à fin août, je suis guide (touristique) dans un château (qui vous restera inconnu). Évidemment, c’est une activité qui occupe bien l’été, et je pense avoir très peu de temps pour bloguer décemment (si l’on y ajoute que la plupart de mon temps libre est occupé par des préparatifs divers de ma fuite à l’anglaise, et en ce moment, les aspects bancaires me préoccupent assez).

Assurément, je pourrais faire toute une flopée de billets sur la nécessité de parler anglais quand on fait visiter des châteaux dans le Sud-Ouest de la France, ou sur les questions les plus idiotes que l’on m’ait jamais posé (immédiatement suivi d’un billet sur mes bourdes les plus monumentales). Mais là, je crevais d’envie de vous raconter l’histoire d’un… pigeon mort.

Dans « mon » château, il y a une partie médiévale, avec un magnifique donjon, dans lequel lesdits columbia livia ont installé leurs impériales demeures. Y a des nids un peu partout, et nul besoin de lever les yeux pour s’en convaincre, il suffirait même, plutôt, de les baisser (et de faire un peu attention où on met les pieds quand même).

Et au milieu de la cour médiévale, se trouve un pigeon mort. A vue de nez, pas vraiment un cadavre « frais ».

Le premier jour, je m’y suis un peu intéressé, me demandant si quelqu’un s’en occuperait (en préférant que ce soit le personnel d’entretien, et pas les enfants qui ont une curiosité naturelle pour ces choses). Puis, le pigeon m’est sorti de la tête.

Le deuxième jour, je me suis surpris qu’il soit toujours là, on fait quand même dans le tourisme. Sans donner suite.

Et puis, le troisième jour, je ne le regarde même plus, il fait partie des meubles.

Et puis, là, hier (bien deux semaines après le « premier jour »), profitant d’une accalmie sensible dans le flux ininterrompu de touristes qui viennent pour assister aux représentations de votre serviteur, l’idée m’est revenue, et je me suis demandé ce qu’il était prévu pour offrir une dernière demeure à notre ami (proposant un sac poubelle dans un élan de colombophilie).

Je me suis même proposé pour faire la sale besogne, mais ni pelle, ni gants dans le château, et la « chose » n’invitait pas vraiment à ce qu’on la prenne à mains nues.

Mais j’ai alors découvert qu’il s’agissait d’un « vieux dossier », un serpent de mer qui ronge les relations sur le site entre les personnes qui se sont intéressées à ce pigeon.

En fait, le responsable du site (refusant de s’en occuper lui-même, parce que « ça ne figure pas dans ses attributions, ni d’ailleurs dans celles d’aucun employé permanent sur le site« ) devait donner un projet d’ordre de mission à la « société mère », que celle-ci ratifiera, afin d’autoriser le responsable à prendre rendez-vous avec un prestataire de service spécialisé, chargé de l’entretien, d’exercer son art (pour le pigeon, et d’autres choses). Entre temps, défense d’y toucher, parce que le pigeon représente une sérieuse menace sanitaire.

Ça m’a fait rire aux larmes jusqu’à la visite guidée suivante. Viendez, m’sieurs dames, il est beau mon château !