Carnet Erasmus

Durant l’année universitaire 2008-2009, je suis une mobilité Erasmus au Royaume-Uni (University of Kent à Canterbury), pendant mon année de M1 à Bordeaux IV. Je me prépare à cette mobilité depuis 2 ans, par un programme spécifique de Bordeaux IV, en partenariat avec l’université du Kent.

Dans ce carnet, vous retrouverez des infos sur les préparatifs du voyage, les études universitaires là-bas, un peu de droit anglais, et un peu de tout. Mais surtout, tous les éléments de cette catégorie ont vocation à se retrouver dans le fameux « rapport de mobilité erasmus ».

How efficient are emails reporting copyright infringments?

The French National Assembly had last week a debate for the first reading of the Creation and Internet Bill, whose main purpose is to create a framework for a gradued approach regarding copyrights infringments through illegal downloading over the Internet. The project is for from raising the unanimity along the MPs, even raising concerns in the majority camp.

But this is not the purpose of this post to comment French politics, nor even, French Law. I would like to, but I have serious deadlines approaching.

However, one of the provisions of the French bill is to set up an administrative body (the HADOPI, Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet), vested of the Most Supreme and Most Ultimate Power to.. send emails.

As one might expect, this has been challenged on the ground of lack of efficiency.

Just cross the Channel and see how it works here. Even closer: in my bedroom, with my ISP (who is my own university, providing inconsistent and misleading fiber access from 2 to 40 MB/s, depending on the weather, the hour and the astral configuration).

They regularly send mass emails to everyone, the last one not later than today, about the problems raised by illegal downloading.

Dear Study Bedroom Network User,

We have seen a sharp rise in the number of reports of copyright infringement by students using peer-to-peer software.

When we receive a report from copyright enforcement agencies we disable the IT account and network access for the student concerned. This is to stop further distribution of the copyright material. Access is restored once the student has visited us and agreed to delete the file and to take action not to break copyright again.

Repeat offenders are sent to their college Master under the Regulations on Student Discipline in relation to non-academic matters, which could result in the student’s loss of network access and their IT account for an extended period.

Our guidelines recommend removing peer-to-peer (referred to as P2P) software from your PC if you are going to connect to the Kent network, unless you absolutely need it. If you choose not to remove the software from your PC it must be used in compliance with our guidelines.

All breaches of the University’s IT Regulations are taken extremely seriously.

Your cooperation is appreciated. Please tell your friends.

So, to sum things up the way a drunk normal student would:

  • Absolute necessity might be a defence to copyright infringments.
  • Copyrights infringments are only committed through P2P softwares.
  • Punishment is very serious: writing « I will not violate copyright again » a thousand times.
  • Punishment is permanent: we will give up all actions if you accept to delete the file.
  • Pavlovian reflex: an inefficent email, a sharp rise, another inefficient email.
  • And do not forget, tell your friends. Please, threaten them!

Since September 2008, my Uni-ISP wrote 6 emails like this one, each time stating a new increase of illegal downloading.

Altough I remain suspicious as to the deterrence effect, I find these emails very informative.

Snowbattle

Students are advised that the University will close at 1pm today (2 February)

Sent on behalf of Densie Everitt, Deputy Vice-Chancellor

Posie Bogan
Media & Communications Manager
University of Kent

dscn1593

South-east England has the worst snow it has seen for 18 years, causing all London buses to be pulled from service and the closure of Heathrow’s runways.The Met Office has issued an extreme weather warning for England, Wales and parts of eastern Scotland.

Up to four inches is forecast to fall later on Monday in south-east England, and up to 12 inches in the north-east.

Heavy snows hits much of Britain, BBC News, 2 February 2009

Quelle horreur, les calamités météorologiques ! :)

La carrière dont vous êtes le héros

Seigneur, accordez-moi la grâce de toujours désirer plus que je ne peux accomplir.
Prière de Michel-Ange, Citée par Nicolas Sarkozy, Discours à Marseille, 3 septembre 2006

Ce billet demande un dé à 6 facettes. Si vous n’en avez pas à proximité immédiate, utilisez ce script que j’ai eu la flemme de transposer sur mon blog. Sinon, il vous suffit de cliquer sur les pseudos numéros de page et croiser les doigts pour ne pas tomber sur un cul de sac.

14 juillet 2009. Vous voilà à l’endroit et au moment que vous attendiez depuis bientôt un an. Dans quelques secondes, la Vice-Chancellor va prononcer votre nom dans la gothique nef de la cathédrale de Canterbury. Montant sur la chaire un fugace instant, vous allez récupérer votre diplôme, lui serrer la main, puis celle de la directice de l’école de droit.

Inévitablement, vos parents dans l’assistance figeront cette image, qui figurera sans aucun doute au-dessus de la cheminée. On y verra un jeune homme très peu photogénique, certainement les yeux fermés au moment de la photographie, pris dans un robe trop petite pour lui, avec une toque qui menace de tomber à chaque instant. Cela suffira dans quelques années pour déclencher toute une pile de souvenirs ; mais pour le moment, ce qui vous inquiète est beaucoup plus pragmatique et terre-à-terre, et pas forcément glamour : votre carrière.

Votre première motivation n’est pas l’argent (ou pas plus que Warren Buffet), tant que vous n’êtes pas contraint d’aller devoir chercher dans les premiers prix de Carrefour ou Tesco. L’Aston Martin attendra. Vous voulez faire un job de juriste intéressant, en propriété intellectuelle dans lequel la langue de travail est l’anglais en raison de l’ouverture internationale de votre practice. Dans 10 ans, vous vous voyez bien capable de conseiller et de défendre un client dans les juridictions anglaises ou françaises, ce qui fera trépigner de jalousie les voisines de votre grand-mère lorsqu’elle leur répétera que vous êtes « avocat d’affaires international », sans savoir au juste ce que cela veut dire. Lire la suite »

Timetable

Quand on y jette un œil naïf, l’emploi du temps anglais est désert. Seulement 2 heures de cours (lectures), et une heure de « travaux dirigés » (seminars) par semaine pour chaque matière, avec 4 matières, cela fait un emploi du temps de 12 heures, qui ferait rêver n’importe quel étudiant français.

A titre de comparaison, mon emploi du temps en L3 à Bordeaux IV était considérablement plus chargé, puisqu’il y avait 33 heures à y placer. Auquel il faut rajouter le temps passé chez soi à préparer les travaux dirigés (pour les au moins 2 commentaires d’arrêt/dissertation rédigés à rendre par semaine). Résultat, il ne reste que fort peu de temps pour avoir une vie hors du droit, ou pour, à l’inverse, faire un véritable travail personnel, ne serait-ce que pour suivre le contenu des cours. J’ai toujours été profondément admiratif vis-à-vis de ceux qui trouvaient le temps pour faire ce travail personnel, n’y étant jamais arrivé.

Mais il ne faut bien sûr pas regarder ça d’un œil naïf. La différence n’est pas en terme de volumes horaires, mais plutôt en termes de stratégie.

En France, j’ai souvent (toujours ?) eu des profs qui commençaient par dire que le cours se suffisait à lui-même, et de continuer dans le même souffle en demandant un travail personnel. Mais si on ne peut rien rajouter au cours, ou qu’il n’est pas nécessaire de le compléter, où peut-on faire du travail personnel ? Purement hypothétique par ailleurs, puisque de toute façon, l’immense majorité des étudiants dont je suis ne trouvera pas le temps de compléter le cours, vu l’investissement demandé par les travaux dirigés. Et combien de fois les étudiants ne commencent à bachoter le cours qu’à, disons, deux semaines avant le début réel des examens, pour être gentil ?

En Grande-Bretagne, logique complètement différente. Le cours ne peut pas se suffire à lui-même, c’est impossible. Déjà, les cours ne se dictent pas. Le prof (qui ne change pas seulement selon la matière, mais également selon la leçon à donner dans une même matière) fait véritablement une conférence, avec Powerpoint en mains, et les étudiants retirent le squelette de la conférence, prennent véritablement des notes, et vont ensuite compléter le cours donné par leurs recherches personnelles (recherches néanmoins guidées, puisque le prof donne toujours des références précises vers des manuels). Il faut compter à peu près 7 heures de travail personnel par matière… et pour que le système ne soit pas hypocrite, pour permettre vraiment le travail personnel, et bien l’emploi du temps est vide pour permettre à tout le monde de travailler. 7 heures x 4 matières, soit 28 heures environ de travail personnel, ce qui fait un « temps de travail » de 40 heures, largement équivalent à ce qui est pratiqué en France.

Reste une grosse différence : les seminars.

En France, trop souvent, l’étudiant doit maitriser le sujet avant d’entrer dans la salle de TD. Il a normalement déjà fait le commentaire/la dissertation, ou le cas pratique demandé, et a nécessairement dû réviser le cours pertinent (toussote). A Bordeaux IV, un TD était coefficient 3, l’examen final coefficient 5.

En Grande-Bretagne, la préparation d’un seminar consiste en quelques lectures de documents (certains imposés, d’autres conseillés), et à quelques questions essentiellement de compréhension de ces lectures, et jamais vraiment profondes. Mais surtout, l’important est vraiment que l’on ait compris en sortant de la salle (ce qui ne veut pas dire qu’on puisse y arriver les bras croisés). Il y a une évaluation, mais qui en proportion est considérablement moindre : 4% de la note finale (contre 38% à Bordeaux IV), ce qui libère peut-être plus pour poser les questions. Ces seminars sont cadrés avec le cours, et vont finalement encadrer par magie ce fameux « travail personnel ». Les étudiants sont loin d’être laissés à eux-mêmes, mais ce sont eux qui doivent faire le boulot.

Au fait, oubliez le groupe de TD à 40 (rires dans la salle) où vous devez vous battre pour tenter d’avoir la parole. Ici, les groupes sont de 16. Et, oui, à ce tarif-là, vous n’avez pas des doctorants qui comprennent aussi bien que vous les subtilités juridiques de la plaquette, mais sont des solicitors, des barristers, des magistrats. Un universitaire anglais, ça n’existe pas, et si ça existe, on les a tous pendus en 1689.

Vous avez compris ce que je veux dire : l’enseignement supérieur français s’est recadré sur le mode du lycée, tout en conservant le dogme universitaire, alors que le système universitaire britannique reste véritablement… universitaire, mais si possible sans avoir le dogme qui veut que l’on nie ce qui se passe après les études universitaires.

A cela, s’ajoute les workshops, optionnels, qui permettent « d’aller plus loin ». Par exemple, vous avez des workshops pour apprendre à utiliser Lexis, Westlaw, savoir comment utiliser Word 2007 pour rendre les devoirs (note : tout est informatisé, ce qui permet de détecter les éventuels plagiats et problèmes de références, considérations bien trop lointaines en France, un pays avec des universitaires et des étudiants honnêtes), apprendre la langue anglaise ou tout et n’importe quoi en rapport avec votre diplôme. Il peut y avoir des workshops d’une heure ou deux, ou une inscription pour de véritables cours qui se rajoutent à l’emploi du temps pour plusieurs semaines. Des modules véritablement « à la carte ».

Mais en-dehors des lectures, seminars, workshops, et du travail personnel universitaire, il y a de quoi s’occuper. Chaque étudiant -dont votre serviteur- adhère à de nombreuses societies (associations), ce qui permet de réunir des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts. Parmi elles, la Kent Student Law Society, qui, certes, organise beaucoup d’évènements festifs que je vous laisse librement découvrir sur son site web, mais s’occupe également des rencontres avec de futurs employeurs. Si on compte les réunions, les socials, et les divers évènements qui peuvent parfois s’étaler sur plusieurs jours, ça peut prendre également vite beaucoup de temps. Ça peut paraitre innocent et très facultatif en perspective, mais s’investir dans ce genre de structures permet de ce côté-là de la Manche de faire reluire un CV, et, surtout, de vivre à fond l’expérience de l’université.

Ajoutez à ça le rythme de vie (tout est plus rapide) et la vie étudiante, et franchement, vous pourrez commencer à vous demander si vous arriverez à faire face à toutes vos obligations.

By the way

Cela fait une semaine que je suis en Angleterre. C’est juste dément.

La ville est magnifique, le campus est gigantesque, multiculturel et international.

Cette semaine était uniquement dédiée à l’accueil des freshers (premières années), mais également des étudiants internationaux (dont une moindre partie sont des Erasmus). On y découvre notamment qu’il y a beaucoup de francophones qui, conscients de la ruine et de l’obsolescence du système universitaire français, et avec un peu de chance aussi, arrivent ici leur bac en poche, l’anglais à peine maitrisé, et se lancent à l’aventure d’avoir un diplôme ici.

Mais surtout, la vie est beaucoup plus intense. Ce n’est pas des blagues : ce qui prend des semaines en France prends quelques minutes ou heures de ce côté-ci de la Manche, et ils ont font beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Tout tourne à 200 mph.

Dans ces conditions, je vais bien essayer de publier quelques billets d’ici les prochains jours, mais soyez patients.

Un air de paradis, je vous dis.

Quel téléphone choisir ?

Après l’hébergement et la banque, le troisième problème posé par une mobilité en Grande-Bretagne, c’est bien sûr comment vais-je rester en contact avec ma maman, ma famille, mes amis.

Impossible de garder votre portable français, avec son bon vieux forfait ; ça vous coûte trop cher. J’ai ainsi calculé qu’avec mon forfait bloqué SFR, je ne pourrais envoyer que 40 textos. Sans même compter que dès que l’on vous appelle, vous payez les frais (0,26 €). Pas possible de rester en contact, alors même que SFR, c’est Vodafone, et que Orange est un opérateur très bien implémenté en Angleterre…

La solution plutôt en Skype, et particulièrement dans le Skypephone, commercialisé par l’opérateur Three.

Grâce à ce téléphone 3G, je peux utiliser mon téléphone portable pour passer des appels par Skype (et par VoIP, sans utiliser le réseau voix de l’opérateur, mais en utilisant le réseau 3G). Du coup, les communications internationales sont totalement gratuites, pour autant que votre correspondant ait Skype et soit connecté à ce moment. Vous pouvez également être appelé par Skype depuis l’ordinateur d’un autre Skypeur, et recevoir l’appel sur votre téléphone portable. Plus que bon.

Seul handicap, SkypeIn et SkypeOut ne marchent pas, ce qui aurait eu des conséquences proprement démentes. Pensez donc :  je pourrais appeler votre numéro en France en illimité depuis mon portable ; de même vous pourriez m’appeler sur un numéro fixe domicilié en France, et je recevrais l’appel sur mon téléphone portable en Angleterre…. Un jour SkypeIn et SkypeOut fonctionneront sur un téléphone mobile, inévitablement, et ce jour-là sera un jour de liesse… (mais en bidouillant, on peut y arriver).

Compte-tenu de mon court séjour en Angleterre (9 mois), j’ai également regardé la durée d’engagement minimum : pas plus de 6 mois, pour un contrat à 15£ (18,80 € au 26 août 2008), avec jusqu’à 600 minutes de communications et/ou SMS.

Ce qui me semble être un bon plan, pour peu que l’on ait des proches qui soient prêts à se mettre devant un ordinateur pour communiquer.

NB : Cet article parle du Skypephone S1.  Le Skypephone S2, bien qu’ayant des fonctionnalités bien supérieures (notamment 3G+), n’est pas disponible pour des contrats de 6 mois. Il n’intéresse donc pas l’étudiant qui part en mobilité Erasmus.