Je me plaignais, il y a quelques jours, de ces réformes constitutionnelles qui n’ont pour vocation qu’à faire plaisir à l’électorat, en faisant de l’affichage politique, plutôt que de faire en sorte que les pouvoirs publics changent véritablement les choses de façon sensible pour le citoyen. Sujet, au demeurant, qui ne soulève guère de contestations, tant dans les facs de droit, que dans les commentaires subséquents sur ce blog. Vaut mieux toucher aux symboles, que changer la vie.
Juste pour le plaisir, je reviens avec cette ligne de tir sur l’adoption par l’Assemblée Nationale, lors de la première lecture, d’un amendement à l’article premier de la Constitution, qui pourrait se lire demain (je graisse) :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.
Elle respecte toutes les croyances.
Son organisation est décentralisée.
Les langues régionales appartiennent à son patrimoine.
L’amendement ainsi adopté répondra ainsi à l’article 2 de la Constitution :
La langue de la République est le français.
[...]
On pourrait penser, à première vue, que les députés sont devenus complètement schizophrènes, en disant une chose, tout en laissant son exact contraire immédiatement après.
Une explication pourrait être trouvée, comme Authueil l’avance, dans l’impréparation du Gouvernement, et de la Commission des lois, dans l’adoption de cet amendement (je mets les liens) :
[...] Voilà que tout d’un coup, alors que la commission avait pourtant refusé cette insertion, un amendement porté par le rapporteur et soufflé par le gouvernement, est adopté. Rachida Dati joue d’ailleurs profil bas et cherche à ne surtout pas donner l’impression que le gouvernement tente d’imposer des mesures.
L’un n’exclut pas l’autre, bien sûr ; mais je pencherais plus dans le sens de l’absence totale de portée de l’amendement, qui, n’en déplaisent aux locuteurs de l’alsacien, de l’anglais saint-martinois, de l’arpitan, du catalan, du créole des caraïbes, du créole de la réunion, du basque, du breton, des langues d’oïl, du flamand occidental, du francique mosellan, du francique rhénan, du francique méridional, du luxembourgeois, du flamand, de l’occitan, du romani.
Pour mieux expliquer ce qui mine le débat, je préfère faire injure à ce blog en reprenant un passage éhonté de Wikipédia. Je tiens à avertir les âmes fragiles que ce qui va suivre est absolument inacceptable sur une encyclopédie digne de ce nom, et particulièrement sur Wikipédia. Je graisse pour souligner le ridicule.
En 1992, après que certains se furent interrogés sur la ségrégation anticonstitutionnelle des langues minoritaires en France, l’Article II de la Constitution française de 1958 fut amendé de manière à ce que la langue de la République [fût] le français. Ceci fut réalisé à peine quelques mois avant que le Conseil de l’Europe ne mît en place la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires[14], que Jacques Chirac ignora[15] malgré le plaidoyer de Lionel Jospin devant le Conseil constitutionnel en vue d’inclure toutes les langues vernaculaires parlées sur le sol français. La France est par ailleurs le seul pays européen avec Andorre et la Turquie à n’avoir toujours pas signé la convention-cadre pour la protection des minorités nationales, qui effective depuis 1998 est désormais obligatoire à appliquer pour tout candidat à l’entrée dans l’Union.
Le méchant, cynique et pervers, Chirac, le gentil Jospin, avocat devant le Conseil constitutionnel (rires), le super sympa Conseil de l’Europe… Et puis tant qu’à faire, alors que nous sommes sur le point de reconnaitre un référendum anti-turc, principalement au motif qu’il serait « non européen » (un argument aussi idiot !), on peut bien reconnaitre que, quand ça arrange, la Turquie est finalement bien un pays européen. Donc acte.
Je ne vais pas revenir sur l’histoire des langues régionales. Oui, il y a eu une politique d’hostilité de la France, depuis la Révolution jusqu’à la IIIe République, envers les langues régionales, et particulièrement envers le breton. La Bretagne est en effet une région hostile pour l’universaliste républicain, qui, non content de se retrouver dans un pays où il pleut toujours, doit faire face à une langue bizarre, alors que pourtant, il est bien « chez lui », c’est-à-dire pas à l’étranger. La question ne se pose pas (encore ?) de reconnaitre un « génocide linguistique » ; on peut néanmoins attendre avec impatience la décision du Président de la République de voir reconnaître le martyr des bretons dans les programmes de l’école primaire, comme c’est aujourd’hui une coutume en matière de repentir. Tant que c’est les gamins qui se repentissent pour les fautes de leurs grands-parents, les parents ont les mains libres, et la conscience tranquille.
Là où on tombe littéralement dans le délire, c’est par-rapport à une « ségrégation » organisée par la Constitution de la Ve République et la reconnaissance de la langue française comme langue de la République.
Le droit constitutionnel et les langues régionales : 15 ans de jurisprudence constitutionnelle
D’abord, la question s’est posée à l’égard de la Corse. Dès 1991, le législateur demande à son assemblée territoriale d’organiser un plan de développement de la langue corse, action de ségrégation s’il en est. Le Conseil constitutionnel répond, avec sa perversité et son cynisme habituels, que cet enseignement ne peut revêtir aucun caractère obligatoire. On ne peut pas forcer un écolier à apprendre le corse ; en revanche, l’étudier en option est possible. Mais on ne peut pas instaurer un enseignement entièrement en langue corse, en Corse, parce que cela serait contraire au principe d’égalité devant la loi, et du caractère uni et indivisible de la République.
Ce n’est qu’ensuite que vient véritablement la consécration constitutionnelle de la langue française, en 1992, qui restera gravée dans les mémoires comme la date du début d’une épuration bretonne : les crêpes sont interdites.
Qu’elle est véritablement ce principe ? « La langue de la République est le français« , ce qui n’a jamais voulu dire un monolinguisme totalitaire. Simplement, les pouvoirs publics n’ont qu’une seule langue, en leur sein, entre elles, et dans leurs rapports avec les usagers. Ce qui sera confirmé par le Conseil constitutionnel en 1996, première décision en la matière après l’entrée en vigueur de l’alinéa linguistique (paragraphe 91). En l’espèce, la décision va dans le même sens que la décision précédente, et pour les mêmes raisons : l’enseignement de la langue tahitienne est parfaitement possible, mais ne doit pas être obligatoire. Idem dans une décision de 2006.
Bien sûr, dans sa décision de 1991, le juge constitutionnel avait vaguement entendu parler du projet de révision de 1992 ; les assemblées en débattaient lorsqu’il devait se prononcer, et il avait déjà anticipé sur l’adoption de l’alinéa linguistique, pour que sa jurisprudence soit cohérente.
Uniforme, même.
La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires
Mais « le vrai souci », bien sûr, est l’European Charter for Regional or Minority Languages, du Conseil de l’Europe. Le Conseil constitutionnel, consulté sur la conformité de ladite Charte avec notre Constitution, a déjà dit en 1999 qu’il y avait un hiatus, en ce que cette Charte a, notamment, vocation à promouvoir l’usage des langues régionales ou minoritaires dans les rapports de l’usager avec l’administration et la justice. Chose pas acceptable au vu de l’alinéa linguistique, parce la langue de la République est le français, pas le basque (malgré les respectables locuteurs de cette langue dans ma ville, et, presque, dans ma rue).
Donc, la France ne peut pas ratifier la Charte, mais cela ne veut pas dire que la France ne peut pas agir en faveur des langues régionales, bien au contraire ; le Conseil va même, dans un obiter dictum, explicitement dire que « n’est contraire à la Constitution, eu égard à leur nature, aucun des autres engagements souscrits par la France, dont la plupart, au demeurant, se bornent à reconnaître des pratiques déjà mises en œuvre par la France en faveur des langues régionales« . Plus ségrégatoire, tu meurs.
En l’état actuel, donc, la politique n’est pas celle d’une interdiction, ni même d’une tolérance. Les langues régionales ont toute leur place, à partir du moment où une administration n’intervient pas. Et même, lorsqu’une administration comme l’éducation nationale intervient, elle peut enseigner une langue régionale, à partir du moment où cet enseignement n’a pas de caractère obligatoire. Une solution libérale, en somme, parfaitement dans l’air du temps.
En revanche, quant à la nécessité de ratifier une Convention-cadre pour la protection des minorités pour adhérer à l’Union, je ne trouve aucune référence ; serait-ce un mensonge ? L’article 49 de l’actuel Traité sur l’Union européenne dispose en effet :
Tout État européen qui respecte les principes énoncés à l’article 6, paragraphe 1, peut demander à devenir membre de l’Union. [...]
Principes hautement offensifs pour mes lecteurs bretons, puisqu’il s’agit des « principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l’État de droit« .
S’il fallait encore un argument supplémentaire, on peut simplement dire que si la Charte européenne pour les langues régionales et minoritaires est produite dans le cadre d’une organisation européenne, c’est le Conseil de l’Europe, et pas l’Union européenne. Et s’il y a évidemment des surfaces très poreuses, dans le sens de la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales des citoyens européens eux-mêmes, il n’y a néanmoins pas identité entre les deux.
Consacrer dans le flou
D’une part, donc, le droit constitutionnel a déjà des outils qui permettent de reconnaitre les langues régionales à une place qui me parait parfaitement raisonnable, notamment eu égard au nombre, actuel, de leurs locuteurs. On peut ensuite regretter ce faible nombre ; ce qui ne sera respectueusement pas mon cas.
D’autre part, si le Conseil constitutionnel n’a pas autorisé la France à ratifié la Charte européenne pour les langues régionales et minoritaires, ce n’est pas par machiavélisme envers lesdites langues régionales, mais aussi parce que cela poserait de sérieux problèmes, certes au regard de l’article 2, mais aussi eu égard à d’autres dispositions constitutionnelles, comme du caractère indivisible de la France (reconnaitre des droits aux minorités, c’est fondamentalement diviser un groupe à raison d’un critère), sans même poser la question des difficultés pour l’administration d’assumer cette nouvelle fonction, alors même qu’elle a souvent du mal à faire les siennes en une seule langue.
Dès lors, pourquoi consacrer la place des langues régionales ?
Ça ferait plaisir à une minorité de locuteurs, dont on se demande s’ils parlent le français, et donc, ne peuvent suivre la richesse des débats de l’Assemblée Nationale que dans une version traduite dans leur patois.
En revanche, aucune conséquence juridique n’est à espérer de l’amendement. Reconnaitre l’appartenance des langues régionales a son patrimoine ne veut rien dire. Demain, si le Conseil constitutionnel devait se prononcer sur une loi qui obligerait l’administration à parler aux usagers dans une langue régionales s’ils le demandent, le Conseil constitutionnel censurerait la loi pour les mêmes motifs. Je me demande même si on peut qualifier ce principe d’objectif à valeur constitutionnelle : il n’y a aucun autre objectif à poursuivre que la conservation de ces langues, comme dans un musée, aucune direction du travail législatif n’est posé par cet amendement.
Je doute, donc, que cet amendement puisse permettre à un verrou d’être « dégrippé », comme le dit, sur son blog, le député Jean-Jacques Urvoas. Non parce que rien n’a été dégrippé, mais surtout parce qu’il n’y avait pas à mon sens de verrou. Ce que le député Jean-Jacques Urvoas, éminent membre de la Commission des loins, qui tient également un blog sur Libération, n’ignore pas, puisqu’il y annonce,
Nos efforts viennent de payer, le gouvernement a fini par accepter de faire figurer le terme « langues régionales » dans l’article 1. C’est un premier pas. Il ne change rien pour le moment mais permet d’espérer que le vieux fond jacobin de ce pays comprenne enfin que l’on peut être militant de la diversité culturelle de ce pays sans avoir pour obsession de défaire la France !
Ironie du sort, le Club des jacobins est l’héritier, lui-même, du.. Club breton.
Mieux, encore, on peut se demander si, tout simplement, cet amendement a une véritable valeur normative, juridique, contraignante. On se souvient que dans une décision de 2005, Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école, le Conseil constitutionnel avait censuré des dispositions en vertu d’un principe de clarté de la loi, et d’un objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi. Bien sûr, le Conseil constitutionnel ne se prononcera pas sur ce projet de révision constitutionnelle ; mais je suis certain que s’il devait être saisi de la question, il serait bien en peine de déduire le sens de cette future disposition constitutionnelle.
La (mauvaise) blague de civiliste, c’est de dire que comme les langues régionales sont dans le patrimoine de la France, celle-ci pourrait les vendre (je suis sûr que l’Angleterre adorerai un patois local de plus) ou les détruire si tel est son bon plaisir. Ce n’est bien sûr pas dans le sens civiliste qu’il faut prendre la notion de « patrimoine ».
Une consécration inéluctable
Sur le plan de l’opportunité, j’ai honte d’être si jacobin et réactionnaire, mais j’ai l’impression que la situation actuelle est convenable ; que ce qui veulent faire des langues régionales aient le droit d’en faire, ceux qui ne le souhaitant pas n’y étant jamais obligés. Je crois que tout le monde parle Français, même un Français SMS, et je ne vois aucun souci à ce que l’administration traite les usagers en Français.
Néanmoins, cette consécration est inéluctable. A chaque débat sur une révision constitutionnelle, la question des langues régionales se pose, toujours avec le même déni (apparent) de la réalité juridique qui dépasse largement le texte de la Constitution. La question avait déjà été posée en 2005 et en 2006, elle a déjà eu lieu, pour cette même législature, lors de la révision constitutionnelle liée à la ratification du traité de Lisbonne. Un débat a également eu lieu à ce sujet le 7 mai dernier.
Avec la question de la suppression du terme de « race » de la Constitution (je tire d’ailleurs ce titre de ces débats qui se sont également déroulés hier, même si la parole du député Patrick Braouezec n’avait pas vocation à se retrouver télescopée avec cette question), la question des langues régionales était un de ces serpents de mer, dont il paraissait inéluctable qu’un jour, il passerait sans que rien ne l’arrête. Serait-ce le cas aujourd’hui, lors de cette nouvelle tentative ?
A voir
Article 2 de la Constitution de la Cinquième République française, sur Wikipédia, dont j’étais le principal rédacteur, et m’opposant, notamment en page de discussion, à un contributeur… breton. Ce qui explique les sarcasmes ?


Commentaires 11
Je suis un peu moins optimiste que toi sur l’innocuité juridique d’une telle introduction, et je me demande si la reconnaissance des LR comme élément du « patrimoine » national ne serait pas susceptible de faire naître, en ces temps de consensus mou, des obligations à l’égard du législateur. Heureusement que le CC est jacobin …
Publié 23 mai 2008 à 14:57 ¶cet amendement est le fruit d’un compromis subtil. Les différents amendements proposés jusqu’ici étaient sur l’(article 2 et visaient à ajouter à « le français est la langue de la république » la phrase « dans le respect des langues régionales ».
Cela crispait les jacobins, qui y voyaient le prélude de la ratification de la charte européenne des langues régionales, dont ils ne voulaient à aucun prix. Le compromis trouvé est que la reconnaissance soit inscrite dans l’article 1, pour déconnecter cette reconnaissance de la primauté du français.
Le but est aussi d’assurer la solidité constitutionnelle d’une loi annoncée le 7 mai dernier par la ministre de la culture, sur les langues régionales, lors d’un débat sur le sujet.
Publié 23 mai 2008 à 15:48 ¶GroM : A mon sens, si cet « alinéa langues régionales » devait entrer en vigueur (ce qui selon toute probabilité sera le cas, sauf revirement du gouvernement), et qu’il devait en être tiré des conséquences juridiques, je ne vois pas grand chose d’autre que la « gestion en bon père de famille de ce patrimoine linguistique ». C’est-à-dire en faire la promotion, par le moyen d’options d’enseignement non obligatoires ou d’une politique culturelle locale, ou la « préservation » de ces langues. C’est le contenu à mon avis maximal d’une éventuelle obligation constitutionnelle interprétée par le Conseil.
Mais la « meilleure garantie », si elle ne résulte pas de ces députés mêmes qui ont voté l’amendement en limitant le plus possible sa portée (Goasguen a immédiatement dit que cet amendement n’avait aucun rapport avec la Charte), c’est que tout simplement, cette « conquête juridique » ne concerne que quelques milliers de personnes. Franchement, pas de craintes communatauristes à avoir, mais je serais de nature plutôt coulante.
J’ajoute que quand on voit l’exemple de pays qui ont parfaitement consacré le plurilinguisme sur leur territoire (Belgique ? Québec ?), ça se passe souvent mal. Souvent, d’ailleurs, plus pour les francophones que pour les autres !
Publié 23 mai 2008 à 15:58 ¶Salut cousin.
Je plussoie les commentaires ci-dessus. À mon sens l’utilisation de « patrimoine » est liée à l’actuelle réorganisation du ministère de la culture avec une grande « direction des patrimoines de France ». C’est un moyen de donner un levier aux communautés locales sur l’administration centrale lorsqu’elles demanderont des crédits plus ou moins liés à la promotion des langues régionales.
Publié 23 mai 2008 à 21:56 ¶Une direction chargée de la défense du breton et du foie gras… XD !
Publié 23 mai 2008 à 22:45 ¶AAARRRRGGHHH ! L’hydromel a été retiré en catimini de la liste des boissons autorisées sur le lieu de travail :
Publié 24 mai 2008 à 10:50 ¶ancien article L232-2 CT : « Il est interdit à toute personne d’introduire ou de distribuer et à tout chef d’établissement, directeur, gérant, préposé, contremaître, chef de chantier et, en général, à toute personne ayant autorité sur les ouvriers et employés, de laisser introduire ou de laisser distribuer dans les établissements et locaux mentionnés à l’article L. 231-1, pour être consommées par le personnel, toutes boissons alcooliques autres que le vin, la bière, le cidre, le poiré, l’hydromel non additionnés d’alcool. »
Nouvel article R4228-20 CT : « Aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail.
Encore une atteinte sournoise aux cultures régionales !!!!
Vivement la révision constitutionnelle que nous puissions introduire un recours en annulation contre cette disposition réglementaire inique !
S&F,
)
Publié 24 mai 2008 à 19:30 ¶Je partage votre analyse !
C’est en définitive un amendement gagnant-gagnant
- Jean Luc Warsmann a sauvé le fond en repoussant les amendements anti-républicains (je le cite : « cette mention ne serait pas créatrice de droits nouveaux (en particulier celui d’exiger la traduction des documents administratifs) » et « ne vise pas à permettre à des groupes ou à des particuliers de poser une quelconque revendication »)
- Marc Le Fur a sauvé la forme et peut faire mine de crier victoire en mettant en avant l’introduction des langues régionales dans la Constitution
Après les langues régionales, pourquoi ne pas s’emparer de cette révision de la Constitution de 1958 pour faire évoluer les symboles et les valeurs qu’elle véhicule?
Par exemple, son article 1er dispose que le République « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Cette formulation a assurément vieilli : « oubli » du genre (même si le Préambule de 1946 « garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme »), utilisation inacceptable, ou à tout le moins maladroite, du terme de « race » au moment même où on veut lui enlever toute portée.
La réforme constitutionnelle pourrait donc être l’occasion de situer la France au plus haut niveau des standards européens en matière de non-discrimination, en donnant à la République l’objectif de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique ou sociale, les caractères physiques et les convictions.
Publié 03 juin 2008 à 13:04 ¶« La réforme constitutionnelle pourrait donc être l’occasion de situer la France au plus haut niveau des standards européens en matière de non-discrimination, en donnant à la République l’objectif de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique ou sociale, les caractères physiques et les convictions. »
A mon avis, ne vous en déplaise, et les propos que je puis lire ci-au dessus le confirment amplement, elle lui a surtout permis de rester au plus bas niveau des dits standards en termes de valeurs véhiculées, c’est à dire au degré zéro du développement de la diversité et au degré moins un de celui de l’éducation à l’altérité. Mais je peux comprendre que cela vous échappe… étant donné votre universalité..
« Tant d’arrivisme pour si peu arriver.. »
un breton..encore
Publié 13 sept 2008 à 17:41 ¶Le mot « race » en parlant des Bretons, auquel on colle le mot « têtu » me fait hurler de colère surtout en titre d’un article qui se veut d’une haute tenue.
Publié 14 oct 2008 à 17:38 ¶Comment peut-on écrire de telles platitudes ! C’est quoi « la race bretonne » ou « le peuple breton » ? Combien de personnes qui habitent en Bretagne n’ont aucune « origine bretonne » !
Quelle unité dans cette population hier rurale, aujourd’hui urbaine et aussi inégalitaire que partout en France ou ailleurs ?
On trouve des gens » têtus » partout dans le monde selon les occasions et la bêtise est souvent têtue.
C’est du même tonneau que ceux qui parlent d’ « un peuple de marins » alors que bon nombre de villages près des côtes cependant regardent vers la terre plus que vers la mer (d’ailleurs, on compte moins de 10 000 marins en France ! )…
Déplorable mais ça caresse dans le sens du poil les thuriféraires d’une Bretagne mythique.
Ce propos est celui du Patrick Braouezec, prononcé dans l’hémicycle. Pour moi, c’est juste du trollage.
Intéressant commentaire : je me demandais justement quelle était l’orthographe de « thuriféraire ».
Publié 14 oct 2008 à 20:35 ¶Publiez un nouveau commentaire