Nous avions prévu de nous retrouver en petit comité pour un debriefing, après ce réveillon, avant de rentrer dans nos campagnes, ou pire, dans nos écoles ou universités respectives[1].
Nous avions prévu d’aller dans un bar particulier, qui s’est avéré être fermé. Commence alors la recherche du bar, un 1er janvier férié, à 22h30, sur Bordeaux. Après un quart d’heure de marche dans le froid, nous l’avons trouvé, notre premier bar de l’année. Pas grand monde à l’intérieur.
Et puis, soudain, une voix, comme sortie des 4 à la fois : « vous croyez qu’on peut encore fumer à l’intérieur ?« . Et, finalement, de rester dehors pour finir leurs clopes, afin d’éviter de faire des steaks[2]. Solidaire, je reste quelques minutes dans le froid avec eux. Ils appréhendent un peu : comment cela va-t-il bien pouvoir être à l’intérieur ? Supporteront-ils (l’absence) du paquet de cigarettes sur leurs épaules ?
Nous rentrons. Nous nous mettons à une table, guidés par un serveur qui a l’air encore plus déchiré que nous[3] : il a fallu que je lui répète 3 fois que je voulais un Coca[4].
Vient la seconde où chacun, s’installant, pose ses effets sur la table : téléphone portable, mitaines, paquets de mouchoirs. Puis, tous avaient leurs paquets de cigarettes dans la main, s’apprêtant à le poser tout naturellement sur la table, avec un réflexe « pavlovien« . Et c’est à la moitié de leur mouvement qu’ils se sont rendus compte que non, finalement, ils n’en auraient pas besoin…
A côté, pas de volutes de fumée, l’air du café est transparent ; on sentirait même les effluves des plats de la tablée voisine.
Mes amis fumeurs, eux, ne m’ont pas donné l’impression, une fois dans le bar, de devoir absolument fumer ou de se sentir mal. Pas de tension particulière dans leur regard. Juste un air un peu hébété : voir un tabac sans fumée, cela surprend.
La vraie différence, je l’ai sentie ce matin : je n’ai pas été obligé de changer de fringues parce qu’ils sentaient le tabac froid.
Quel plaisir ! J’sens que j’vais l’aimer, cette année 2008
Notes et références
- Task 1: ne pas se complaire à former des sous-entendus comme quoi je ne bosse pas, ça ne contribue pas à l’image d’excellence de l’université que je représente malgré moi
- Je recherche un lexique du fumeur, vous avez ?
- Task 2: ne pas abuser de l’expression « Putain j’suis trop déchiré« . Y préférer, avant que mes capacités d’élocution ne soient altérées, « J’ai passé une très bonne soirée, mais j’ai un TD/un examen à préparer« , ou, à défaut, « un tour à faire à la bibliothèque demain matin à l’aube« .
- Parce que votre serviteur prend du Coca, dans des bars, des fois, quand il conduit. Faut pas croire !


Commentaires 1
« je n’ai pas été obligé de changer de fringues parce qu’ils sentaient le tabac froid »
Attention ! La contre-attaque juridique risque de faire mal: http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2007/01/30/un-moyen-imparable-d-echapper-a-l-interdiction-du-tabac-dans.html
« un tour à faire à la bibliothèque demain matin à l’aube“. »
C’est possible, à Bordeaux ?
Publié 05 jan 2008 à 23:44 ¶http://coulmont.com/blog/2007/07/09/la-sorbonne-imaginaire-de-robert-ludlum/
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