Sur l’édition Bordeaux-Métropole de France 3 (on n’imagine pas à quel point la presse régionale peut avoir une valeur inestimable, des fois), j’entends le président de l’Université, Jean-Pierre Laborde, expliquer qu’il n’est pas tenu par le vote d’une assemblée générale étudiante (ce qui est, heureusement, parfaitement vrai).
Mais ce vote a quand même eu lieu avec une majorité de 53 %, ce qui, par une coïncidence troublante, est également la majorité avec laquelle a été élu Vous-Savez-Qui. Je conçois aisément que ce n’est pas beaucoup pour démontrer la volonté des étudiants de voir les cours suspendus, mais on peut également dire que ce vote a été fait pendant les heures de cours et beaucoup, comme moi, ont préféré entendre avec une joie feinte les commentaires assassins de nos professeurs plutôt que de voter (ou pas).
Sur le site de Bordeaux 4, je lis :
A 7 heures, le comité de mobilisation a bloqué l’accès du bâtiment A (présidence et administration centrale).
Le président et son équipe ont été réunis toute la journée en comité de crise dans la salle des thèses.
A 12 heures, une conférence de presse a rassemblé tous les médias locaux.
A 15 heures, le président a souhaité rencontrer en salle des thèses, les représentants du comité de mobilisation qui ont refusé.
A 16 heures, le président a fait remettre un courrier indiquant qu’il est disposé à accepter de fermer le bâtiment A (présidence et administration centrale) jusqu’à mercredi matin 21 novembre, en y affectant seulement la permanence incendie.
En contrepartie, le président demande que les étudiants du comité de mobilisation quittent les lieux dès ce soir, lundi 19 novembre et qu’ils s’engagent à ne pas perturber les enseignements de la journée du mardi 20 novembre.
Bien sûr, ce n’est pas une provocation. Un bon président d’université n’aurait pas fait différemment pour concilier la sécurité des étudiants, la continuité des cours, et limiter au maximum les heurts entre étudiants au sein de l’université.
Mais je n’arrive pas à m’ôter de la tête que, justement, les enseignements seront perturbés demain. Avec la grève des trams et des bus, avec les embouteillages, avec les manifestations, de nombreux étudiants ne pourront se rendre que difficilement sur un campus particulièrement excentré.
Finalement, si une petite cinquantaine d’étudiants vient semer un petit bordel dans la fac, avec certains nerfs qui seront peut-être un peu à vifs [surtout si tu portes un gilet Lacoste avec un autocollant rouge et blanc exposé fièrement sur ton gascon torse], avec les inévitables remarques des professeurs, qui, quelques soient leurs opinions, mettront de toute façon encore plus d’huile sur le feu, voire attendront qu’il y ait un vrai brasier dans leurs amphis, je pense que ça s’en ressentira sur le climat général des enseignements du jour.
Et je ne pense pas que ce soit bon.
La circonstance que j’ai un exam’ blanc samedi est même complètement étrangère à cet inavouable souhait de voir ma fac fermée pour un mouvement que je soutiens très timidement.


Commentaires 1
Pas ininitéressant comme propos, reflet du ventre mou d’un mouvement étudiant à qui il manque un peu de prise.
Cela dit, en ce moment et en général, il vaut peut être mieux faire attention à l’utilisation que l’on fait du mot « otage ». Notre hyperprésident en a abusé ces derniers jours et la plupart des JT également.
Ne devrait-on pas demander à la famille d’Ingrid BETANCOURT si elle pense que les usagers des transports, les automobilistes et les étudiants qu’on empêche d’accéder à leurs amphis sont des « Otages ».
Jean-Paul KAUFMAN, Marcel Carton, Marcel Fontaine, Michel SEURAT, Philippe ROCHOT, Roger AUQUE, Jean-Louis NORMANDIN, Christiant CHESNOT, Georges MALBRUNO, FLorence AUBENAS, Daniel PEARL… qu’en pensent-ils ?
Etre Otage, ce n’est pas un « désagrément », ce n’est pas quelques heures de perdues qui enervent, c’est être privé de sa liberté, c’est vivre la terreur de craindre à chaque instant pour sa vie, c’est souvent subir les privations et les tortures, c’est parfois payer de sa vie le fait d’avoir été au mauvais moment au mauvais endroit même quand c’était pour de bonnes raisons.
Publié 21 nov 2007 à 16:12 ¶Publiez un nouveau commentaire