Quand RFI règle ses problèmes de management sur Wikipédia…

Après l’étude de Pierre Assouline des étudiants de Sciences-Po pour démontrer que Wikipédia n’était pas fiable, qui n’est une découverte que pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur Wikipédia, mais, qui surtout, est un travail bâclé et douteux[1] et le blocage – toujours en cours – de Sciences-Po, afin d’obtenir des explications sur le rôle de cette institution dans ce travail qui n’est, je pense, pas vraiment à son honneur, voila maintenant que RFI se met à vandaliser Wikipédia.

RFI organisait, il y a peu, une émission d’un quart d’heure entre les étudiants de Science-Po qui ont sorti cette étude Pierre Assouline et un administrateur de Wikipédia, Jean-Noël Lafargue. Il s’agissait d’un format de qualité : un quart d’heure pour que l’un poignarde l’autre. Le crime passe mieux à la radio. Finalement, Assouline et Jean-Noël se sont découverts des goûts semblables et partiront ensemble sur la route des vacances.

Mais, pendant ce temps, un vigilant contributeur a mis le nez dans les contributions de RFI.

Oh, par hasard.

Et bien il a vu, et cela fait honneur à cette radio.

Voilà pour des vandalismes subtils… Mais, lorsqu’on voit le reste, on se pose honnêtement la question des conditions de travail des journalistes de RFI.

Que fait l’inspection du travail ?

Pour l’un, c’est un problème de nutrition. Le travail d’investigation, de vérification et d’analyse l’a littéralement épuisé, et, à 12 h 15, le voila qui crie sur Wikipédia son envie d’un bon steak-frites sur l’article consacré à Éric-Emmanuel Schmitt, l’auteur de La Part de l’autre. Je me permets de douter, au vu de cet appétit, que l’autre ait songé avoir sa part.

Un second, lui, est tyrannisé par sa hiérarchie. Wikipédia jouant le rôle de gigantesque chambre d’écho, il se décide donc à discréditer son chef de service, Olivier Da Lage. Non content de le faire passer pour mort, il décide de nous affoler en révélant les circonstances du drame. Après avoir fait mirer son vandalisme à tous ses collègues, ce qui détend l’atmosphère tendue de l’édition du matin, il se ravise, sans doute opportunément conseillé : je doute que le pauvre Olivier ait envie de savoir que les journalistes le fassent passer pour un goinfre dès 6 h 20 du matin.

Et puis, il y a le responsable commercial, qui, par nature, est dépressif, mais qui, ces temps-ci, songe au suicide. Sa radio ne se vend pas bien ; sans doute que le travail journalistique de cette fourmilière n’est pas apprécié à sa juste valeur. Il a du voir que Fréquence 3 (web-radio musicale) avait une audience en hausse ; lui, responsable commercial de RFI, voudrait discréditer ce qui s’érige maintenant comme concurrent, en le faisant passer pour… tiens, Radio Junior ! Comme si RFI et Fréquence3 visaient les mêmes auditeurs…

On retrouve également le journaliste de la rubrique culinaire. Il a sans doute été casé là parce que sa femme l’a plaquée, ou qu’il ne supportait pas le stress. Mais des fois, il voudrait tellement leur dire, à ces cuistots arrogants de mes deux, que leur bouffe, c’est de la merde ! S’il-vous-plait, RFI, prenez soin de vos journalistes, arrêter de tenter de débusquer des restaurants bon marché : n’optez que pour les valeurs sûres avec une entrée à plus de 45 € !

Pendant ce temps, la journaliste littéraire pète les plombs (une nouvelle, ce n’est pas de la littérature !). En même temps, venant d’une critique littéraire, c’est à prendre comme un remerciement.

Et puis, enfin, il y a celui qui est le seul véritablement pragmatique dans le groupe, qui prépare son licenciement et, quitte à changer de fréquence, tiens au moins à ce que sa fiche sur Wikipédia soit complète. Et puis, non, finalement, on attendra peut-être encore un peu avant de sortir du bateau.

Ah, y a pas à dire : Wikipédia, en tant qu’encyclopédie, on ne sait pas toujours ce que cela vaut… Mais par contre, pour se passer les nerfs …!

—-

Je n’ai cité les chefs du service que pour une chose : ce sont les seuls noms que j’ai trouvé sur leur site Web, n’étant pas moi-même un auditeur habitué de RFI – parce que je préfère Fréquence3, pour de vrai ! Il va de soi que les récits sont de pure fiction, et que toute ressemblance avec une situation réelle serait tout à fait fortuite. La chronologie des différentes contributions des adresses IP de RFI n’a pas été respectée, afin de faciliter le récit ; les contributions s’étalent en réalité sur une année entière.

Mes sources (je les révèle) : les adresses IP de RFI sont 81.80.106.43 et 81.80.106.44, et ce qui permet de les identifier comme provenant de RFI, c’est cette requête whois. Tout le matériel est donc public.

Les salariés de RFI qui se sentent visés par cet article pourront obtenir quelques renseignements utiles dans la catégorie Droit du travail sur Wikipédia.

Notes et références

  1. Voir à ce titre la synthèse réalisée sur Wikinews et la réponse de la communauté

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Commentaires 4

  1. Perky a écrit :

    Pas malin ton billet.
    C’est donner de mauvaises idées à tous les frustrés.

    Publié 30 juil 2007 à 10:59
  2. erasoft a écrit :

    Les vrais frustrés sont déjà sur Wikipédia ;)

    Publié 30 juil 2007 à 17:33
  3. GroM a écrit :

    Deux possibilité: soit un abruti à RFI a trouvé ça pour s’amuser, il vandalise wikipedia comme d’autres tagguent les murs, pour se défouler. Il a entendu l’émission de sa propre chaîne et cela lui a donné des idées. Soit c’est une tentative institutionnelle, et alors c’est infiniment plus grave.

    Qu’en pense la rumeur ?

    Publié 18 sept 2007 à 14:20
  4. erasoft a écrit :

    Ce n’est pas une tentative institutionnelle : RFI a bien plus d’adresses IP que celles qui ont effectivement vandalisées Wikipédia. Ce n’est bien sûr qu’une histoire très personnelle, tout au plus deux postes de travail, et de façon relativement espacée dans le temps.

    Publié 21 sept 2007 à 2:13

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  1. De la part de Radio France internationale banni | Amphi Duguit le 05 août 2007 à 1:19

    [...] à ce que je vous annonçait en avance, RFI s’est finalement fait “bannir” de Wikipédia. RFI pourra bien sûr accéder [...]

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