Le Monde.fr : CPE : l'Etat fait payer les dégâts aux universités
Je trouve que la décision du Gouvernement de ne pas aider les universités qui ont été occupées n'est pas saine. Alors que tout devrait au contraire invoquer l'apaisement, le Gouvernement engage une procédure de balkanysation des universités qui ont exprimées un point de vue, point de vue qui a triomphé d'ailleurs.
Est-ce cela, la conception de Chirac qui veut qu'en République, il n'y ait "ni vainqueur, ni vaincu" ? Vous gagnez, mais je vous ruine ? Justement, l'alinéa 12 du préambule de la Constitution de 1946, à valeur constitutionnelle encore aujourd'hui (c'est à dire, qui soumet tous les pouvoirs publics, y compris le Président de la République) dispose que "La Nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales." La crise du CPE étant une calamité nationale, le Président ayant dû changer de lunettes, il est normal que les Français (bien qu'étudiants) bénéficient de cette solidarité nationale.
Et on peut y rajouter l'alinéa 13, qui dit que "La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture." Accès ? Justement, dans certaines facs, on n'accède pas aux amphis !
Certes, aucun dégât ne devrait être excusable. Mais est-ce une raison pour que tous les étudiants, et leurs professeurs, se retrouvent à étudier dans des conditions plus difficiles ? Ou alors, compromettre les projets universitaires, dont notamment ceux qui viennent de nouveaux dispositifs gouvernementaux ?
S'agirait-il d'une mesure de représailles envers les présidents des universités qui se sont exprimer pour que le Gouvernement retire le CPE, dialogue, parce qu'il y avait trop de bordel dans les facs, et que, justement, il commençait à y avoir des dégâts, que quelqu'un devait bien réparer et assumer la responsabilité ! Le Gouvernement a refusé ce dialogue qui aurait permis de sauver une quarantaine de facs du blocage !
En faisant ainsi, on rallume une flamme qui n'a pas été éteinte encore aujourd'hui, puisque la loi remplacant le CPE n'a pas encore été promulguée. La révolte ne sera pas étudiante, mais elle sera à coup sûr administrative..


Commentaires 1
A priori, les universités ont semble-t-il des fonds de réserve, des assureurs et rackettent assez bien les étudiants avec diverses prestations facturées et inexistantes (3615 UNEF), et d’autres qui permettent d’aller réclamer des sous chez l’État. En prépa, par exemple, on paie des droits universitaires pour des diplômes qui ne nous servent à rien (145€ par an) et on ne met pour ainsi dire jamais les pieds à la fac. Il n’empêche pour chaque étudiant inscrit en cumulatif (qui ne coûte donc à la fac que 10 feuilles et trois timbres, histoire d’enregistrer ces inscriptions bidons), l’État accorde une ligne de crédit de 500€ (source : Bureau de l’APHEC).
I love compta…
Publié 20 avr 2006 à 19:28 ¶Publiez un nouveau commentaire